#540 – Real Cartagena FC : los Heroicos

Les héroïques. Ce surnom est avant tout attaché aux habitants de la ville de Carthagène des Indes. Pendant plus de 275 ans, Carthagène était une ville importante de l’Empire Américain Espagnole, notamment en ayant un rôle clé dans l’administration de l’Empire et la traite négrière. Avec l’annexion de l’Espagne par la France au début du XIXème siècle, le sentiment indépendantiste grandit dans l’Empire et Carthagène y joua un rôle essentielle. En 1811, la ville déclara son indépendance et le leader indépendantiste, Simón Bolívar, entama une libération de la Colombie et du Venezuela. Avec le retrait des troupes françaises d’Espagne en 1815, le Roi retrouva des moyens et lança, sous la houlette de Pablo Morillo, une expédition pour rétablir son pouvoir aux Amériques. Le 18 août 1815, Morillo aborda les côtés de la ville de Carthagène et commença le siège de la ville. Jusqu’au 6 décembre de la même année, la ville et ses habitants résistèrent, malgré la faim et les épidémies. A la fin du siège, remporté par les espagnols, 6 000 personnes étaient mortes dans les murs de la ville (sur une population de 20 000) et la ville était quasiment détruite. Carthagène des Indes fut ruinée par le siège et perdit son leadership politique et son rôle de premier plan. Reconquise par les patriotes le 10 octobre 1821, il faudra plus d’un siècle à la ville pour retrouver la population de 1815. À la suite de cet épisode, la ville recevra le titre de Ville héroïque. Depuis, ses habitants sont héroïques.

#448 – Cork City FC : Rebel Army

L’armée rebelle. Cork, situé dans le plus grand et le deuxième comté le plus peuplé d’Irlande, est connu comme une ville (et un comté) où de nombreux soulèvements sont nés. Notamment lors de la guerre d’indépendance (1919-1922) et de la guerre civile (1922-1923), le comté et la ville furent des points focaux. Michael Collins, l’un des importants leaders indépendantistes, est né dans le comté de Cork, et un autre bien connu, Tom Barry, y mena une guerrilla avec ses Flying column. Pourtant, sa réputation ne s’est pas construite à cette époque mais les racines de ce sentiment rebel remontent bien plus tôt. Au IXème siècle, les vikings s’installèrent en Irlande et les chroniques de l’époque rapportent déjà que les comtés de Waterford et de Cork se rebellèrent en détruisant un château viking et tuant le chef nordique connu sous le nom de Gnimbeolu. Au XIIème siècle, l’ambitieux clan MacCarthy de Cork réussit à établir un royaume indépendant, en rébellion du royaume de Munster de la famille O’Brien. Mais, c’est au XVème siècle que la ville et le comté gagnèrent définitivement ce surnom. A la fin de ce siècle, Henry VII, de la maison royale de Lancastre, remporta la guerre des roses, face à la maison royale d’York et s’empara de la couronne anglaise. Evidemment, les partisans des York ne baissèrent pas pavillon et espéraient pouvoir reprendre la couronne. Mais il leur manquait un candidat autour duquel s’unir, les hommes de la famille York ayant pour la plupart été tués durant la guerre. Or, à Cork prit naissance deux mouvements en moins de 6 ans qui soutinrent deux prétendants au trône anglais, qui se revendiquaient issus de la famille York. Les deux personnages, Lambert Simnel et Perkin Werbecque, étaient des usurpateurs et leurs rebellions s’effondrèrent rapidement. Mais ces contestations et insoumissions récurrentes soutenues par les habitants de Cork convainquirent la monarchie anglaise d’appeler la ville, la cité rebelle.

#430 – Nottingham Forest : the Reds

Les rouges. Lors de la réunion qui consacra la création du club en 1865, les fondateurs optèrent pour la couleur rouge. Mais, à l’époque, les joueurs portaient des cap (casquette) pour s’identifier sur le terrain. Ainsi, ils commandèrent 12 bonnets rouges à pompom. Le reste de la tenue (chemise et pantalon) était blanc. La raison du choix est inconnue mais les fondateurs ne choisirent pas n’importe quel rouge. Il s’agissait du Rouge Garibaldi.

A cette époque, le révolutionnaire italien était connu pour les combats qu’il menait à travers le monde pour la libération de territoires occupés (Uruguay, Italie …) avec ses troupes de volontaires habillés d’une chemise rouge (camicia rossa), qui devint leur symbole. Durant la guerre en Uruguay qui opposait le gouvernement de la Défense (Gobierno de la Defensa) du Général Rivera (du parti colorado (rouge)) à l’ancien président uruguayen blanco (blanc), Manuel Oribe, qui vivait en exil à Buenos Aires, Garibaldi forma en 1843 une troupe composée d’émigrés italiens de Montevideo et prit parti pour la cause uruguayenne de Rivera. Pour équiper sa nouvelle légion, Garibaldi réquisitionna un lot de chemises rouges destinées aux ouvriers des saladeros (abattoirs et saloirs) de Buenos Aires. En raison du blocus vers l’Argentine, le gouvernement de cette dernière soutenant Manuel Oribe, un stock de chemise rouge en laine demeurait dans des entrepôts de Montevideo. Ces vêtements présentaient l’avantage d’être résistants, à bas prix et d’une couleur qui rappelait celle du parti du Général Rivera. Les ouvriers des abattoirs portaient cette couleur distinctive afin que les tâches de sang résultant de leur métier ne s’exposent pas sur leur vêtement. Cet ultime argument convint également Garibaldi car il permettait de préserver le moral des troupes qui ne verraient pas le sang sur leur vêtement lors ou après les combats. Les fondateurs de Nottingham retinrent peut-être cette couleur car ils avaient de l’admiration pour le révolutionnaire italien, dont le mythe commençait à se répandre en Europe. Peut-être d’ailleurs que le libertaire italien symbolisait un autre héros de la ville, épris de liberté, le célèbre Robin des Bois.

Enfin, la raison est peut-être plus simple : le rouge pouvait être à la mode à l’époque ou alors, comme Garibaldi, les fondateurs du club eurent la chance de tomber sur un lot de bonnets rouges à un prix défiant toute concurrence. En tout cas, ce choix inconnu eut des répercussions importantes car la couleur rouge fit tâche de sang. En faisant un don d’équipements à deux de ses anciens joueurs, Nottingham donna sa couleur rouge à Arsenal (ce dernier inspira à son tour le club tchèque du Sparta Prague cf. article #134). Il détermina aussi la couleur du club argentin d’Independiente (cf. article #274).

#411 – ACN Sienne 1904 : Bianconeri

Encore un club évoluant en blanc et noir en Italie. Tout d’abord, le club, qui a vu évoluer Vincent Candela, Tore Andre Flo et Enrico Chiesa, a de nouveau connu la faillite à l’été 2020, après la précédente en 2014. Mais, le noir sur le maillot ne symbolise pas le marasme dans lequel le club vit depuis près d’une décennie. Sienne adopta ses couleurs à sa création en 1904, en reprenant les couleurs de la ville. A partir de la seconde moitié du XIIIème siècle, le blason argent (blanc) et noir comme principal symbole de la ville s’affirma et prit le nom de balzana, dérivé de l’arabe بلقاء (balqâ) signifiant « bigarré de blanc et de noir ». La raison exacte de ce mariage de couleurs est inconnue mais de nombreuses hypothèses existent, mêlant mythologie et histoire. La première version repose sur la fondation de la ville par les romains Senius et Aschius, fils de Rémus, frère de Romulus (les fondateurs de Rome). Après le meurtre de leur père par Romulus, les deux frères fuirent de Rome et emmenèrent avec eux la louve (qui éleva Rémus et Romulus) jusqu’à la vallée de Tressa où ils fondèrent Sena Julia (Sienne). La légende raconte que pour leur fuite, les deux frères montèrent un cheval blanc et un autre noir. Toutefois, d’autres avancent que pour remercier les Dieux de la fondation de la ville, ils allumèrent un feu dont la fumée était blanche et noire. Mais, les explications ne s’arrêtent pas là. Pour certain, ce blason noir et blanc rappelle les marbres blanc et vert foncé (proche du noir) qui ornent la Cathédrale Santa Maria et d’autres palais de la ville. Pour d’autres, le blanc et le noir, couleurs opposées, symbolisent deux populations de la ville. Mais, de même, les versions diffèrent. D’un côté, ces deux couleurs représenteraient la noblesse et le peuple de la ville. D’un autre côté, cette union dans un seul blason indiquerait la paix conclue entre les factions rivales des Guelfes blancs et noirs (au Moyen-Âge, alors que la guerre entre Gibelins, les partisans du Saint-Empire et les Guelfes, les soutiens de la Papauté, faisait rage, le partie Guelfe se divisa encore entre les deux clans). Enfin, une dernière hypothèse veut que ces deux couleurs soient tirés des emblèmes des anciens Comtes de la cité à l’époque Carolingienne.

#394 – KV Courtrai : de Kerels

Les gars, les hommes. Au Moyen-Age, dans les pays germaniques et anglo-saxons, il existait une classe sociale qui regroupait des hommes libres de basse naissance, généralement un paysan. S’ils devaient rester fidèle à leur seigneur et au roi, ils jouissaient d’une assez grande liberté par rapport aux serfs. En Angleterre, cette classe sociale portait le nom de churl et kerel pour les contrées néerlandophones. Ces termes dérivent des mots d’ancienne langue germanique, karilaz, karl, karal, dont le sens était « homme ». Au XIVème siècle, la Flandres était occupé par des vassaux du Roi de France et les conflits entre les deux se multiplièrent. La ville de Courtrai était alors devenue le symbole de l’esprit d’indépendance des Flandres. En 1323, plusieurs rebellions paysannes éclatèrent dans les Flandres maritimes suite à la mauvaise récolte, le refus de payer la dîme et les impôts ainsi qu’une haine de la noblesse et de l’autorité. En particulier, le Comte de Flandres, Louis II de Nevers, tenta de lever un nouvel impôt pour payer les amendes dues aux français suite à la paix d’Athis. Les villes dont principalement Bruges et Courtrai prirent le relais de ces révoltes. En 1324, Louis II arriva à Courtrai mais sans armée pour contenir la révolte et dut négocier. Une première paix fut trouvée alors. Mais, en 1325, l’agitation reprit après le meurtre d’un artisan par un chevalier et l’arrestation de six Brugeois par le Comte de Courtrai. Bruges prit les armes et le comte fut fait prisonnier par les habitants de Courtrai. Après la mort du roi Charles IV de France, le Comte Louis II demanda de l’aide au nouveau roi, Philippe VI. Ce dernier accepta et l’armée royale écrasa la rebellion flamande à la bataille de Kassel le 23 août 1328. Cette révolte paysanne est connue comme la révolte des Karls (kerel) ou soulèvement de la Flandre maritime.

#392 – LD Alajuelense : los Manudos

Les voleurs, dans l’argot costa-ricain au XIXème siècle. Au début des années 1800, le Costa-Rica, comme les futurs états du Guatemala, Belize, El Salvador, Honduras, Nicaragua, et le Chiapas mexicain, était gouverné par la Capitainerie générale du Guatemala, territoire appartenant à l’Empire Espagnol. En 1821, les différentes province de la Capitainerie déclarèrent leurs indépendances. Les nouveaux états indépendants avaient le choix de rejoindre l’Empire Iturbide du Mexique, demeurer totalement indépendant ou intégrer une future république fédérale d’Amérique centrale qui commençait à émerger. La ville de Cartago prit alors la décision pour le Costa-Rica de joindre l’Empire d’Iturbide. Cette décision ne fut pas bien accueillie et, au fur et à mesure, dans les mois suivants, des voix dissidentes émergèrent, notamment dans la Province d’Alajuela. Une armée fut alors levée à Alajuela et d’autres province et marcha vers les villes d’Heredia et de Cartago, acquises à la cause impérialiste. Ces deux dernières villes organisèrent également une armée et les belligerents s’affrontèrent le 5 avril 1823, lors de la bataille d’Ochomogo. Selon la légende, les soldats d’Heredia fuirent la bataille et se réfugièrent dans les collines voisines. L’histoire retint que la bataille fut tout de même longue et les forces républicaines bataillèrent jusqu’à ce que les impérialistes furent complètement vaincus. À la suite de cette guerre civile, la capitale déménagea à San José, après 260 ans à Cartago.

Cette bataille exacerba la rivalité régionale entre les villes d’Heredia et d’Alajuela. Pour les habitants d’Alajuela, les hérédiens se comportèrent comme des lâches durant cette bataille et les surnommèrent alors taltuzos, qui se réfèrent à une sorte de taupe qui détruit les cultures et se cache sous terre. En représailles, les habitants d’Heredia appelèrent les alajuelenses, manudos, car ils considérèrent le déménagement de la capitale, auquel les alajuelenses participèrent, comme un vol.

#388 – New England Revolution : Revs

Revs est tout simplement le diminutif du nom du club. La contrepartie de l’attribution de la coupe du monde 1994 aux Etats-Unis était la création d’une ligue de football professionnel la Fédération américaine de football. Son démarrage prit un peu de retard mais en 1996, 10 franchises furent donc constituées pour sa première saison, dont les New England Revolution, fondé par Robert Kraft, milliardaire américain. Dirigeant du groupe éponyme, qui comprend des sociétés actives dans le sport, le divertissement, l’industrie du papier, l’emballage et l’immobilier, son intérêt dans le football se concrétisa au début des années 1990 lorsqu’il fit du Foxboro Stadium (stade qui appartenait à son groupe), l’un des neuf sites hôtes de la Coupe du Monde. Le succès de cette dernière le convainquit d’investir dans une franchise MLS. Installé dans le Massachusetts, dans la région de Boston, le groupe Kraft soumit donc à la MLS la création d’une franchise. En 1994, le groupe s’était également porté acquéreur de la franchise de football américain des New England Patriots. Voulant profiter de la notoriété du nom de cette franchise (ayant été fondé en 1959), le groupe s’en inspira pour le nom du club de football à créer. Alors pourquoi Patriots et Revolution ? A la création de la franchise de football américain, les habitants soumirent des idées pour le nom officiel de l’équipe et le choix le plus populaire fut « Boston Patriots ». « Patriots » faisait référence aux colons des Treize Colonies américaines qui se rebellèrent contre la domination britannique et déclarèrent les États-Unis d’Amérique indépendante en juillet 1776. Les bostoniens choisirent cette référence car leur ville fut au cœur de la Révolution Américaine. En 1773, un groupe de citoyens de Boston en colère jeta à la mer une cargaison de thé de la Compagnie des Indes orientales en réponse aux nouvelles lois fiscales britanniques, lors d’un événement connu sous le nom du Boston Tea Party. Ce fut un événement clé menant à la Révolution Américaine.

#377 – Canon Sportif de Yaoundé : Kpa-Kum

Aucune traduction disponible pour ce surnom car il s’agit en réalité d’onomatopées. L’explication remonte à la création du club en 1930. Le football commençait à se développer dans les deux principales villes de la colonie française : Douala et Yaoundé. A Yaoundé, il existait alors 3 clubs : 2 pour les colons (Etoile Européenne et Ecole Supérieure) et un pour les indigènes (Etoile Indigène). Evidemment, les deux styles d’équipes (colons et indigènes) vivaient en parallèle et il fallait donc trouver un adversaire autochtone à l’Etoile Indigène. Pour cette nouvelle équipe, plusieurs noms furent proposés et s’inspiraient des animaux locaux tels que guépards, panthère, musaraigne, épervier, cobra, zèbre. Mais aucun ne fit l’unanimité. Le 9 novembre 1930, l’un des patriarches, Mvogo Melingui, prit la parole et demanda : « quel est le nom du fameux fusil qui mit l’armée allemande en déroute à Yaoundé en 1916 et dont le bruit était un cliquetis « Kpa » suivi de la détonation « Kum » ? ». L’assistance répondit comme un seul homme : « Canon ! Canon ! Canon ! ». Ainsi, le nom du club fut trouvé et son surnom également. Pour rappel, de 1888 à 1916, le Cameroun était une colonie allemande. Lors de la Première Guerre Mondiale, les français, les belges et les britanniques lancèrent une offensive pour conquérir le Cameroun. En Janvier 1916, les alliés prirent Yaoundé où les allemands avaient établi leur capital après la chute de Douala en 1914. Cette défaite marqua la fin de la colonisation allemande pour laisser la place à la tutelle principalement française.

#348 – Fredrikstad FK : Aristokratene

Les aristocrates. Si le club marqua le football norvégien entre 1932 et 1961 (9 championnats remportés et 8 coupes), ce n’est pas ce palmarès qui donna son surnom d’aristocrate. Celui-ci est hérité du nom de ville où réside le club. Fredrikstad signifie la ville de Fredrik, du nom du Roi du Danemark et Norvège, Fredrick II. Lors de la Guerre nordique de Sept Ans (1563-1570), la ville de Sarpsborg fut incendiée par les suédois en 1567. Le roi Fredrick II décida, par décret royal, de rebâtir une ville à 15 kilomètres au sud de l’emplacement original de Sarpsborg, sur un site à proximité de la mer et de vastes plaines. La ville devint alors un site militaire stratégique. Le nom Fredrikstad fut utilisé pour la première fois dans une lettre du Roi, Fredrick II, datée du 6 février 1569. Cette naissance monarchique donna le surnom au club.

#335 – Royal Excel Mouscron : les Hurlus

Les hurlus étaient le nom donnés à certaines populations protestantes (calviniste) qui vécurent principalement à Lille, Tournai et Mouscron. Leur origine remonte au XVIème siècle, quand les luthériens tentèrent de propager leur religion dans les Flandres. Au XVIème, la France comme l’Europe étaient terrassés par les guerres de Religion qui opposaient les catholiques aux protestants. La Réforme naquit au sein du Saint-Empire romain germanique quelques années auparavant (1517) avec le moine Martin Luther et se répandît rapidement en Europe du Nord. Mais ce nouveau schisme, qui remettait en cause directement les orientations prises par et finalement le pouvoir de Rome, souleva les protestation de ceux restés fidèles au Pape. Ceci amena malheureusement à des affrontements entre les deux camps dans toute l’Europe. Ainsi, en août 1572, se produisit le massacre de la Saint-Barthélemy en France. Dans les Pays-Bas espagnoles (comprenant à l’époque principalement le Benelux), l’affrontement confessionnel se traduisit par une guerre d’indépendance vis-à-vis de l’Espagne, état catholique. Dans ce contexte, les hurlus furent persécutaient par les catholiques espagnoles et belges et se réfugièrent pendant quelques années au Mont-à-Leux, à Mouscron, avant de s’y emparer du château des Comtes. Le nom d’hurlu dériverait du mot « hurleur » car ils hurlaient au moment de leur persécution (aussi bien par douleur que pour prévenir les autres membres). Bien que certains avancent que les lillois les surnommaient ainsi car ils hurlaient lors de leurs attaques. Cette hypothèse rejoint l’autre possible étymologie du mot qui pourrait provenir du néerlandais huurlingen (se vendre/mercenaires). Car persécutés mais aussi persécuteurs. En effet, leurs chefs ayant été arrêtés ou ayant pris le chemin de l’exil, les hurlus furent rapidement livrés à eux-mêmes. Ils se transformèrent alors en bandes ou recrutèrent des mercenaires qui malmenèrent les populations catholiques et les églises locales. Hurlu aurait alors désigné ces bandes de mercenaires. Suite à leur reddition à Mouscron le 24 juillet 1578, Courtrai fut également libéré des hurlus quelques temps plus tard. En 1582, ils furent battus à Tournai et le 22 juillet, ils se replièrent et attaquèrent Lille. Mais, les archers lillois et la population locale menée par Jeanne Maillotte repoussèrent les hurlus. Ce fut alors la fin de ces bandes protestantes. Aujourd’hui, il reste assez peu de trace de cette épisode. Toutefois, depuis les années 1970, à des fins commerciales, Mouscron organise des festivités sur le thème des Hurlus, chaque premier week-end d’Octobre. Le hurlu, qui symbolise la rebellion et la résistance face à l’autorité et les puissants, semble bien représenter l’esprit de Mouscron. Il est devenu le surnom des habitants de la ville comme du club et de ses supporteurs. En 2007, la ville fit ériger une statut représentant un hurlu sur la Grand-Place.