#235 – Sunderland AFC : Black cats

Les chats noirs. En 2000, le club mena un sondage pour connaître le surnom officiel que les supporteurs souhaitaient adopter car, après avoir quitté leur stade de Roker Park, le club n’avait plus de surnom (le précédent était lié au nom de l’ancien stade). Black cats ressortit vainqueur (48% sur les 10 000 votants) et ce ne fut pas une surprise, tant ce symbole accompagna le club dès sa création. Evidemment beaucoup y voit une superstition.

En 1937, Sunderland affrontait Preston North End en finale de la FA Cup. A la 44ème minute, Preston prit l’avantage avec un but de son attaquant écossais, Frank O’Donnell. Un jeune supporter de 12 ans de Sunderland, Billy Morris, avait emporté dans sa poche un chat noir pour porter chance au club. Au retour des vestiaires, Sunderland marqua 3 fois et remporta sa première Coupe d’Angleterre. Evidemment, pour les supporteurs de Sunderland, ce chat était à l’origine de ce renversement.

Belle version mais elle n’est pas à l’origine du surnom car le symbole du Chat noir remonte bien avant 1937. Un chat noir ornait, en son cœur, le premier écusson du club, en 1879. Puis, sur une photo de fin XIXème siècle/début XXème siècle, le joueur Billy Hogg et 2 de ses coéquipiers apparurent assis à une table avec un chat noir entre ses mains. En 1905, le président de Sunderland posa avec un chat assis sur un ballon rond. Puis, le chat apparut aussi sur des photos d’équipe entre 1908 et 1912. Selon la légende, ce chat avait élu domicile dans le stade du club.

Mais quel est l’origine de ce symbole ? Il semblerait qu’il remonte au XVIIIème siècle. Des batteries de canon étaient installées à l’embouchure de la rivière Wear. Selon une version, l’un des soldats quitta son poste, terrorisé par le hurlement d’un chat noir. Pour d’autres, ces canons noirs ressemblaient à des silhouettes de chat.

#225 – FC Copenhague : Løverne

Les lions. Le FC Copenhague s’est imposé comme l’équipe numéro 1 du Danemark à compter des années 2000 et joue régulièrement les phases de poule de la ligue des champions. Beau résultat pour un club qui ne fut créé qu’en 1992. En effet, il résulte de la fusion de deux clubs historiques de Copenhague : Kjøbenhavns Boldklub (fondé en 1876) et du Boldklubben 1903 (fondé en 1903). Si ces deux clubs étaient des places fortes de Copenhague et du football danois (jusqu’à la fin des années 70 ils avaient remporté en cumulé 22 championnats et 3 coupes du Danemark), ils connaissaient à cette période de nombreuses difficultés sportives ou économiques. L’achèvement du nouveau stade de la sélection danoise, le Parken Stadium, offrit un environnement propice à la fusion en offrant une enceinte moderne pour accueillir la nouvelle formation. Comme dans toute fusion, il fallut choisir de nouveaux symboles. Lors d’une conférence de presse le 21 avril 1992, le logo du club fut présenté et l’idée originale du design fut proposé par Keld Jørgensen, manager de longue date du club de KB: une tête de lion bleu avec la crinière stylisée sur fond blanc (qui comprenait également le nom du club et un drapeau danois). La tête de lion s’inspira des armoiries de la vieille ville de Copenhague (ainsi que celles du Danemark – trois lions sur un écu d’or). En outre, le lion, le roi des animaux, symbolisait le courage et la force, dont l’équipe devait faire preuve. Comme espéré, le club fut rapidement surnommé les Lions et la mascotte du club apparut sous la forme d’un lion nommé Leo.

#203 – Hapoël Beer-Sheva : הגמלים

Les chameaux. Le club de la ville de Beer-Sheva a marqué récemment le football israélien. Alors que le Macabbi Tel Aviv, avec ses 25 championnats remportés, trustaient les trophées, seuls le Maccabi Haïfa, le Betar Jérusalem et l’Hapoël Tel-Aviv parvenaient à troubler son hégémonie depuis une trentaine d’année. Fondé le 1er mai 1949, le club se trouvait en 2007 en seconde division et en proie à des difficultés financières. Racheté pour 1,8 million de dollars par Alona Barkat, femme milliardaire, le club connut une renaissance qui le fit remonter en première division deux ans après son rachat. Puis, en 2014, l’Hapoël devint vice-champion d’Israël, avant de remporter 3 titres d’affilés en 2016, 2017 et 2018. Bien que situé dans la vallée du Jourdain, la ville de Beer-Sheva se trouve avant tout à l’extrémité nord du désert du Néguev et connait un climat chaud et sec, typique des déserts. Le club a donc naturellement hérité comme surnom de l’animal emblématique du désert, le chameau.

#196 – Tigres UANL : los Felinos

Les félins. En s’appelant Tigres, le club ne pouvait avoir un autre surnom que celui-ci. Pourtant, lorsque le prédécesseur du club fut fondé en 1957, son surnom était certes animalier mais portait sur un animal moins impressionnant, le sanglier. Le surnom de félin s’attacha au club lorsque ce dernier fut repris par l’Université de Nuevo Leon (Universidad Autónoma de Nuevo León) suite à des problèmes financiers. Or, l’Université avait déjà comme mascotte le Tigre et ses équipes sportives adoptaient ce nom. En particulier l’équipe de football américain qui est à l’origine de ce surnom. Créé en 1944, le nom d’origine de l’équipe de football américain était osos (les ours) qui devint pendant les 3 premières années d’existence cachorros (les oursons). Le 25 janvier 1947, les oursons rencontrèrent une équipe de Monterrey dénommée Gatos Negros (les chat noirs) qui était invaincu. Les oursons remportèrent le match. Tony Corona, chroniqueur pour le journal El Norte, baptisa l’équipe de l’Université les Tigres du Bengale car « les étudiants universitaires se sont comportés sur le terrain avec beaucoup de courage et de substance, cessant ainsi d’être des oursons pour devenir plutôt des tigres avides de victoire ».

#149 – VfL Wolfsburg : die Wölfe

Les loups. Ce surnom est attaché à la ville de Wolfsburg. Regardons les armoiries actuelles de la ville qui remonte à 1947. Elles montrent principalement un chateau à deux tours, avec un loup qui le surplombe, et font référence au nom de la ville, qui est la contraction des mots wolfe (loup) et burg (château).

La première mention de la ville remonte à 1302 et indique qu’il s’agit du siège de la famille von Bartensleben. Cette famille de petite noblesse occupait des fonctions ministérielles et avait donc reçu plusieurs fiefs de divers souverains à partir du XIIIème siècle. Originaire du village de Bartensleben près de Helmstedt, ils firent construire le Château de Wolf en 1300 pour en faire leur nouvelle résidence. Ce chateau, certes remodelé, existe encore et a donné son nom à la ville. Si la présence de loup était probable dans la région, ce nom provient des armoiries de cette famille qui remontent à 1188 et que l’on peut découvrir dans le chateau. Elles montraient un loup argenté (blanc) sur fond rouge bondissant par dessus deux faisceaux de céréales.

Ce n’est qu’en 1938 que le village se transforma en une ville sous l’impulsion de l’installation de l’usine Volkswagen consacrée à la fabrication de la Coccinelle. Devenu une ville de plus de 100 000 habitants, elle reste attachée à ses origines et la ville reprit le loup dans son blason. Pendant longtemps, les armoiries de la ville avec le loup étaient présentes sur chaque volant de Volkswagen. Le club de football hérita logiquement de ce surnom.

#127 – Nagoya Grampus : 赤鯱

Le shachi rouge. Le club japonais, lié à Toyota, évolue en rouge notamment, qui est également la couleur du constructeur automobile. Le shachi (ou shachihoko) est un animal du folklore japonais avec une tête de tigre et un corps de carpe. On accordait à cet animal le pouvoir de faire tomber la pluie. Ainsi, pour se protéger des incendies, les temples et les châteaux étaient souvent ornés sur leur toit de « gargouille » sous la forme d’un shachihoko. Deux shachi dorés ornent justement l’entrée du chateau de Nagoya. Etant donné la forme du personnage, shachi désigne également un orque, un dauphin. Ceci donna le nom de Grampus au club puisqu’il s’agit du nom latin du dauphin de Risso que l’on associe également à ces deux statues dorés situés à l’entrée du chateau de Nagoya.

#125 – Leicester City : Foxes

Les renards. En 1948, une tête de renard fit son apparition sur le blason du club et le surnom s’imposa de lui-même. La ville de Leicester est une commune située dans le comté de Leicestershire (auquel elle donna son nom). Or, cette région est mondialement connue pour ces chasses au renard. Elle présentait l’avantage au XIXème siècle d’avoir de grands espaces sans clôture, habités par un gibier abondant qui attiraient des renards, qui étaient plus sauvages qu’ailleurs.

Au XVIIème siècle, un élevage de chiens de la race des foxhounds fut établi à Tooley Park (Leicestershire). Le foxhounds est une race de chien dit courant (un type de chien de chasse dressé pour poursuivre ou attraper le gibier) spécialisée pour la chasse au renard (comme son nom l’indique fox signifiant « renard » et hound « chien courant »).

Cet élevage fut racheté par Hugo Meynell, propriétaire terrien et homme politique, au XVIIIème siècle, et le réunit avec un autre de ses élevages. Il créa alors la meute de Quorn qui acquit une grande réputation, et surtout, la chasse de Quorn, où Hugo Meynell développa de nouvelles techniques pour la chasse au renard (dans la sélection et le dressage des chiens, la technique de chasse du serrage …). Il fut alors connu comme le grand maître de la chasse au renard et gagna le surnom de « Primat de la Science ». Son élevage fut repris par d’autres propriétaires-chasseurs qui perpétuèrent la chasse au renard dans la région du Leicestershire jusqu’à aujourd’hui.

Le hasard faisant bien les choses, le dessin du périmètre du comté de Leicestershire ressemble à s’y méprendre à une tête de renard.

#95 – AIK Solna : Gnaget

Les rongeurs. Le surnom est peu flatteur et son origine n’est pas connu. Il remonterait aux années 20. Pourtant, le club aurait déjà été surnommé ainsi dans un magazine sportif suédois Nordiskt Idrottslif dès 1914. La version la plus admise est lié à la couleur des maillots. En effet, le choix du club, à sa création, s’était porté sur le noir et jaune. Malheureusement, comme souvent à l’époque, les couleurs résistèrent mal aux lavages successif et rapidement le noir tourna au gris, rappelant la robe grisée de certains rongeurs, comme les rats. Le club fut alors surnommé les rongeurs. Parfois, un autre surnom lui est donné, Råtta, qui signifie rat.

Une autre théorie place également ce surnom dans les années 1920. Au cours de la saison 1928/1929, il se disait que l’AIK « rongeait » (dans le sens de monter) l’une après l’autre les places au classement et, grâce à ce travail progressif, réussit à se maintenir en Allsvenskan, la première division suédoise.

#88 – Bohemians Prague 1905 : Klokani

Les kangourous. Ce n’est pas vraiment un animal endémique de la Tchéquie ou de l’Europe Centrale. Pourtant, un kangourou empaillé se situe bien dans les bureaux du siège du club. En 1927, la fédération australienne cherchait à inviter des clubs européens pour affronter des équipes locales. Ils contactèrent le Slavia Prague et le Viktoria Žižkov qui déclinèrent car ils n’avaient pas en confiance dans l’organisation d’une si longue tournée (on parlait de 4 à 5 mois loin de leur base). Le Sparta avait quand à lui déjà d’autres engagements. Finalement, le Bohemians accepta et entame sa tournée le 6 Avril 1927.

Cette tournée constituait un défi sportif pour l’équipe pragoise mais était également un outil de promotion de la Tchécoslovaquie. Lors du discours du départ, il fut déclaré « Vaše výprava z pražského předměstí jest nejdelší cestou československých sportovců. Bude trvat téměř pět měsíců. A budete se bít za čest a vlajku nejen svého klubu, ale celého československého sportu, ba celého národa. A my doma pevně doufáme, že nás Vršovice nezklamou » (Votre expédition depuis la banlieue de Prague est le plus long voyage des athlètes tchécoslovaques. Cela prendra près de cinq mois. Et vous vous battrez pour l’honneur et le drapeau non seulement de votre club, mais de tout le sport tchécoslovaque, voire de toute la nation. Et chez nous, nous espérons fermement que Vršovice ne nous décevra pas). Ce n’est pas faux que beaucoup d’Australiens découvrirent ce pays d’Europe Centrale avec l’équipe des Bohemians. La tournée du club passa par les villes d’Adélaïde, Melbourne, Sydney, Newcastle et Brisbane et fut une réussite avec 19 matchs joués (notamment contre l’équipe nationale d’Australie et une sélection de l’armée britannique) pour un bilan de 14 victoires, 2 nuls et 3 défaites (90 buts marqués pour 48 encaissés).

Lors de leur passage à Brisbane, le 20 juin, l’équipe se vit confier un couple de kangourous par le ministre des Affaires publiques du Queensland qui souhaitait les offrir au Président Tchécoslovaque, TG Masaryk. Les joueurs les ramenèrent en Tchécoslovaquie et TG Masaryk les confia au Zoo de Prague (Vergers de Havlíček). Depuis, l’animal est l’emblème du club et s’affiche sur son écusson. Mais, cette tournée ne conduit pas seulement à adopter un nouvel emblème. En effet, avant de partir, le club se dénommait AFK Vršovice (nom d’un petit village près de Prague qui devint un quartier) depuis sa création en 1905. Conscient que ce nom serait imprononçable et que ce quartier de Prague serait insituable pour les australiens, les organes du club décidèrent de changer de nom avant la tournée pour AFK Bohemians. Le terme anglais Bohemians faisait référence à la Bohème, l’une des régions historique de la Tchéquie.

#78 – Cruzeiro EC : Raposa

Le renard. Le club fut caricaturé sous la forme d’un renard par Fernando Pieruccetti (mieux connu sous le pseudonyme de Mangabeira) en 1945. Álvares da Silva, secrétaire du quotidien Folha de Minas, qui délivrait l’une des pages sportives les plus importantes et dynamiques de la presse du Minas Gerais à cette époque, décida d’imiter son confrère de Rio de Janeiro, Jornal dos Sports, qui avait décidé quelques années auparavant de personnaliser les équipes cariocas au travers de personnages de bande dessiné. Flamengo était Popeye, Fluminense était Pó-de-arroz, Vasco était Almirante, Botafogo était Donald Duck et America était le Diable. Álvares da Silva confia à Fernando Pierucetti, professeur de dessin et illustrateur du supplément littéraire et de la page pour enfants du journal, la réalisation de ces mascottes qui devaient puiser leur source dans l’univers des fables d’Ésope et de La Fontaine, mais en utilisant des animaux de la faune brésilienne. Pierucetti dessina alors la mascotte des 3 grands clubs de la ville : Atlético, Cruzeiro et América.

L’inspiration pour trouver les animaux représentatifs des clubs vint d’éléments qui faisaient déjà partie de l’imagerie populaire. Club de la communauté italienne de la ville, Cruzeiro s’était appuyé sur ces dirigeants italiens au sens des affaires aiguisé pour se développer. A l’image de l’ascension laborieuse et astucieuse des habitants d’origine italienne vers les plus hautes couches sociales de Belo Horizente, le club véhiculait l’image d’une trajectoire croissante linéaire, marquée par la simplicité, le gout du travail constant et répété et la ruse et dont l’accumulation des efforts, au fil du temps, avait forgé la grandeur du club. Ces qualités étaient d’autant plus en vrai en 1945 que le club était alors présidé par Mário Grosso. D’origine italienne, directeur sportif, trésorier et entraineur par intérim à compter de 1935, il accéda à la présidence de Cruzeiro le 17 décembre 1942. Connu pour son intelligence, il usa de ruse et de persévérance dans la direction des affaires du club. Grâce à ses méthodes, il parvint à chiper plusieurs jeunes talents au nez et à la barbe de l’Atlético. L’ingéniosité de Grosso furent mises en avant par Pieruccetti pour justifier le choix du renard. En outre, cette manière se retrouvait dans l’équipe de Cruzeiro de 1945, triple championne d’État, qui comptait des joueurs expérimentés et connaissant les ficelles du football.

Les supporteurs de Cruzeiro s’approprièrent vite cette image, tout comme le club qui créa par la suite une mascotte officielle de renard. Il faut dire que Pieruccetti avait choisi pour le rival de l’Atlético le coq. Or, le renard est l’animal qui attaque les poulaillers. On raconte que Zé do Monte, l’idole de l’Atlético dans les années 1940 et 1950, entrait sur le terrain avec un coq sous le bras. En réponse, les fans de Cruzeiro promettaient de lâcher un renard sur le terrain, pour chasser l’animal de Zé do Monte.