#1386 – Kapfenberger SV : die Falken

Les faucons. Fin 2023, une vidéo, montrant des joueurs en maillot rouge se réunir de manière spontanée pour se déhancher et chanter à tue-tête dans un vestiaire, se répandit comme une trainée de poudre sur internet, cumulant plus de 11 millions de clics. Ces joyeux fêtards étaient l’équipe de Kapfenberger après leur victoire face à Horn le 6 Octobre. Leur joie et leur enthousiasme débordants conquit le public qui surnomma la vidéo tanzenden Falken (les faucons dansant). Non pas que leurs pas de danse improvisés rappelaient le vol du rapace mais le volatile s’affiche sur l’écuson du club.

Surplombant leurs proies et attaquant en piqué, le rapace véhicule une image qui sied souvent bien au club de sport, et notamment celui-ci. Mais, au de cette symbolique, l’oiseau parait dans son milieu naturel pour cette ville située dans les alpes autrichienne. D’ailleurs, la municipalité émergea au pied du chateau d’Oberkapfenberg construit par les seigneurs de Stubenberg au Moyen-Âge. Installée sur un promontoire, la forteresse offre une vue imprenable sur la vallée de la Mürz, en amont comme en aval, ainsi que sur la vallée de la Thörl. Aujourd’hui, abritant une fauconnerie, il domine le stade Franz-Fekete. Ses rapaces planent au-dessus du stade et sont devenus une image familière pour les supporters, créant un lien naturel entre l’équipe et l’oiseau. Le stade est ainsi métaphoriquement considéré comme le territoire de chasse des faucons.

La couleur argenté du faucon sur l’écusson rappelle l’acier fabriqué par l’usine sidérurgique Böhler. Son importance explique le surnom de la cité Böhlerstadt (la ville de Böhler). Dès le Moyen Âge, l’artisanat sidérurgique local (moulin à marteaux) profita de deux atouts majeurs. D’un côté, le minerai de fer provenant de l’Eisenerz (le mont de fer) tout proche. De l’autre, l’énergie hydraulique de la rivière Mürz. Puis, dans la première moitié du XIXème siècle, la famille Mayr fit entrer l’outil industriel de la ville dans l’ère moderne. Enfin, le véritable tournant survint à la fin du XIXème siècle, avec les frères Albert et Emil Böhler qui achètent l’usine sidérurgique, et sous leur impulsion, Kapfenberg devint un centre mondial pour les aciers spéciaux.

#1363 – FC Rapid Bucarest : Vulturii vișinii

Les aigles bordeaux. L’écusson du club, avec son aigle aux ailes déployées et ses couleurs bordeaux et blanches, est assez évocateur. Et ses ailes déployées semblent indiquées que l’oiseau mit la main sur la symbolique traditionnelle du club. Car, fondé par des cheminots des ateliers ferroviaires du quartier de Griviţa, le club épousa d’abord et pendant longtemps la symbolique des chemins de fer roumain.

Tout d’abord, ses couleurs, grenat et blanc. L’épouse du capitaine de l’équipe, Grigore Grigoriu, avait pour mission de concevoir les maillots et de s’occuper de l’équipement des joueurs à chaque match. Dans sa maison, elle possédait de nombreux textiles grenat ainsi que du blanc. Mme Grigoriu choisit comme couleur principale le grenat car elle estimait que les maillots se saliraient moins vite et qu’ils seraient plus faciles à nettoyer, cette couleur n’étant pas aussi sensible au lavage que le blanc. Le fait qu’elle possédait du tissu grenat et du blanc n’était peut-être pas un hasard. En effet, les couleurs de la CFR (« Căile Ferate Române », la compagnie ferroviaire nationale) sont le rouge foncé et le blanc.

Concernant son blason, le club reprit celui du CFR, une roue de locomotive accompagnée d’ailes déployées. Ce symbole fut souvent associé aux compagnies ferroviaires (comme la SNCB en Belgique ou les régiments du train au sein de l’Armée Française). Au fil des années, cette image se stylisa aussi bien sur le logo de la CFR que sur le blason du club. Puis, au tournant du millénaire, la direction du club, qui était détenu par le puissant homme d’affaires, George Copos, souhaita moderniser l’écusson et ainsi se donner une nouvelle impulsion. L’aigle apparût alors avec incrusté dans son corps l’image traditionnelle de la roue ailée. Selon la rumeur la plus répandue, au-delà que l’imagerie de l’oiseau était esthétique, le club se serait inspiré de l’aigle d’un grand d’Europe, le Benfica Lisbonne (cf. #153). Seulement l’Aigle est un animal commun en héraldique footballistique. Et justement, à cette époque, l’oiseau ornait également le blason du STEAUA, le rival du Rapid. Et une dizaine d’année auparavant, l’aigle décorait aussi le blason du Dinamo, l’autre rival de la capitale roumaine.

#1346 – Casa Pia AC : os Gansos

Les oies. Fondé le 3 juillet 1920, le club lisboète est lié à l’institution d’utilité publique Casa Pia dont la mission est de promouvoir les droits et de protéger les jeunes. Créée en 1780, elle se vouait à l’éducation des orphelins et à la réinsertion, par le travail, des mendiants et des prostituées. La formation des jeunes passa également par l’éducation sportive. En 1898, l’institution forma une équipe de football qui remporta un match face un club d’expatriés britanniques (Carcavelos Club), une victoire contre une référence de l’époque et qui allait populariser la pratique du football parmi la population portugaise. 22 ans plus tard, alors que des anciens bénéficiaires de Casa Pia avaient participé à la fondation du Benfica et au GS Luz Soriano, le football s’institutionnalisa au sein d’un club officiel, notamment grâce à Cândido de Oliveira, entraîneur national et joueur du Benfica, et futur co-fondateur du journal A Bola (la référence des quotidiens sportifs portugais).

L’Oie est la mascotte du club et, dans une des salles du stade, on peut trouver un tableau, signé par un ancien de l’institution Casa Pia, Tavares Correia, représentant une scène cocasse où un peintre revient vers sa toile et la trouve entourée d’oies. A l’arrière plan, on aperçoit la chapelle du Restelo où les pensionnaires de Casa Pia étudiés. Car ce surnom est un autre lien entre le club et l’institution puisque les oies est le surnom des élèves de Casa Pia. Plusieurs histoires viennent expliquer ce sobriquet qui serait apparu au milieu du XIXème siècle. Les Lisboètes aurait choisi ce surnom à cause de la posture fière et disciplinée des étudiants lors des défilés. En effet, la reine disait lors des cortèges en voyant les casapiens « Aí vêm os gansos ! » (Voilà les oies !).

Une autre explication réside dans la pratique sportive des étudiants de Casa Pia. L’institution était la première école à proposer des cours de natation. Or, les nageurs couraient torse nu de la plage de Jerónimos à celle de Bom Sucesso pour nager. Comme des oies selon les observateurs.

#1344 – OFC Pirin Blagoevgrad : Орлетата

Les aigles. Le précédent article traitait déjà d’un club dont le surnom est les aigles mais qui dérive directement des armoiries de la ville. Pour ce club bulgare, il faut plutôt chercher dans son environnement. Grâce à son centre de formation, Pirin est connu comme le nid de nombreux talents du football bulgare, sans conteste le plus renommé étant Dimitar Berbatov. Fondé en 1922 sous le nom d’Ilinden, le club connut une histoire compliquée, fusionna avec plusieurs autres formations avant de prendre son nom actuel en 1970. Et c’est à partir de cette date qu’il commença à s’établir dans les divisions supérieures du football bulgare.

Résidant dans la ville de Blagoevgrad, le club prit le nom du massif montagneux qui la borde, le Pirin. Ce dernier, délimité par les vallées des rivières Struma et Mesta, donna son nom à la région sud-ouest de la Bulgarie, la Macédoine du Pirin, qui correspond à l’actuel oblast de Blagoevgrad. Tirant probablement son nom de la divinité slave Pérun, le Pirin est dominé par le pic Vihren, culminant à 2 914 mètres, deuxième plus haut sommet du pays. Mais, un autre pic, situé dans la partie centrale et dénommé, Orelyak, donne une première réponse à la question des origines du surnom. Culminant à 2 098,6 mètres, il s’agit d’un magnifique pic de marbre qui, vu du nord, ressemble à un aigle aux ailes légèrement déployées. Et dans cette chaîne montagneuse, la présence de l’aigle ne se résume pas à cette forme. Une grande diversité d’espèces animales habitent dans le Pirin. On en recense plus de 2 000 invertébrés (araignées , mille-pattes, insectes …) et près de 250 vertébrés dont 45 mammifères et 177 espèces d’oiseaux. Parmi ces derniers, 3 types d’aigle (l’aigle tacheté, l’aigle botté et l’impressionnant aigle royal) cohabitent au sommet de ce massif rocheux. Ainsi, l’écusson du club présente depuis de nombreuses années la chaîne de montagne surmonté par un aigle.

#1336 – FK Haugesund : Måkene

Les mouettes. Le football apparut dans les années 1910 dans la ville côtière du Sud-Ouest de la Norvège, Haugesund. Rapidement, deux clubs virent le jour : SK Vard en 1916 et SK Djerv en 1919. Puis, en 1939, un troisième larron fut fondé, le SK Haugar. Les 3 clubs se disputèrent la suprématie de la cité et cette rivalité déclencha une dynamique intéressante pour la région. Dès qu’un club avait fait sa part sur la scène nationale et entamait alors un déclin, un nouveau prenait le relais et portait fièrement l’étendard de Haugesund. Mais, les exigences du haut niveau devinrent de plus en plus difficile à suivre et, après plusieurs années d’errance en termes de résultat, ponctuées de difficultés financières, les trois fleurons de la ville envisagèrent d’unir leurs forces. Finalement, Vard abandonna le projet et le FK Haugesund naquit en 1993 de la fusion de deux autres clubs. Le club retint les couleurs de la ville (bleu et blanc) pour son maillot et une mouette orna son écusson, reprenant l’oiseau des armoiries.

Située sur la côte et protégée par les détroits de Smedasund et de Karmsundet, Haugesund reposa son développement sur les activités maritimes, en particulier la pêche. Dans les mers du Nord et Baltique, le hareng regorgeait car ces mers correspondaient à son aire de ponte. Le poisson était alors particulièrement gros et facile à pêcher et, salés ou fumés, il se conservait aisément. Sa pêche constitua donc une ressource importante pour toutes les villes et villages du Nord de l’Europe et devint même le produit de base des commerçants de La Ligue Hanséatique. Lorsque la ville se dota d’armoiries officielles le 29 décembre 1862, le conseil municipal adopta des éléments relatifs à ce pan important de la vie de la cité. Ainsi, trois barils de hareng sur lesquels reposait une ancre décoraient le centre des armes. En arrière-plan, le port maritime apparaissait, accompagné de trois mouettes blanches volant dans le ciel. A l’occasion du 75ème anniversaire de la ville, de nouvelles armes, plus simples, virent le jour en 1930. Les barils de hareng furent supprimés en raison du déclin de cette industrie et les nouvelles armoiries ne représentaient plus que 3 mouettes blanches sur un fond bleu. Le bleu et les mouettes rappelaient les liens historiques et forts de la cité avec la mer. Car si la pêche au hareng constitua l’activité historique et importante, au fil des années, d’autres secteurs se développèrent dont la pêche à la baleine, la construction navale et le transport maritime (la ville possédait autrefois la troisième plus grande flotte marchande de Norvège).

#1316 – Inter Miami FC : the Herons

Les hérons. Suite à la fermeture du Miami Fusion en 2001, la direction de la MLS tentait vainement de relancer une franchise à Magic City. Après l’arrêt de sa carrière qui l’avait vu être la tête de gondole du LA Galaxy et de la MLS pendant 5 saisons, David Beckham réunit plusieurs partenaires et monta une nouvelle franchise à Miami en 2018, avec l’avantage de posséder un « pas de porte » réduit à 25 millions de dollar (au lieu des 150 millions exigés d’habitude). L’Inter Miami, 23ème franchise de la MLS, prenait part à sa première saison en 2020.

Dans ce projet tout autant sportif que marketing, la création d’un écusson, le choix des couleurs comme toutes les autres options symboliques de la franchise revêt une grande importance. Cette réflexion fut confiée au cabinet Doubleday & Cartwright, qui naturellement, pour faciliter l’identification des fans à cette nouvelle franchise, puisa dans la culture et l’environnement de Miami. Ainsi, le 5 septembre 2018, la direction révéla l’écusson et les couleurs qui s’inspiraient de la célèbre architecture Art déco de la ville. Connu sous le nom d’Art déco floridien ou Tropical Art déco, cette architecture s’implanta à Miami dans les années 1920, en particulier sur les avenues du front de mer, et constitue un de ses symboles emblématiques. Les immeubles présentaient des formes géométriques simples faites de lignes droites ou courbes et des couleurs (blanc, jaune, bleu, vert, rose, mauve, turquoise, orange, rouge) pastels ou vives, inspirées de la végétation tropicale et de l’océan Atlantique.

L’écusson aux teintes rose, blanche et noire, affiche deux oiseaux se tenant dos à dos et à grandes pattes qui s’entrelacent pour former une lettre M. L’espèce de ces deux volatiles généra un débat ornithologique sur les réseaux sociaux. Etait-ce des hérons ? des flamants roses ? des cigognes ? des grues ? ou des aigrettes ? On aurait pu facilement imaginer qu’il s’agissait de flamants roses en raison de la couleur des maillots des joueurs et de l’image laissée par le générique de la série ‘Deux flics à Miami » dans l’imaginaire collectif. Toutefois, quelques jours plus tard, le club mit fin au débat en déclarant qu’il s’agissait de héron. Selon le club, les grands hérons blancs représentent des chasseurs tenaces, frappant avec une précision redoutable (comme devrait le faire les attaquants de l’équipe). Ils ont été identifiés pour la première fois en 1832 dans les Keys de Floride par le naturaliste et peintre John James Audubon et sont aujourd’hui présents uniquement dans cette région. En 1938, le refuge du « Great White Heron National Wildlife Refuge », s’étendant sur 47 000 hectares, fut créé dans les Keys de Floride pour protéger cet échassier menacé de disparition car il étaient chassés pour ses plumes qui décoraient les chapeaux des femmes.

#1307 – UR Namur : les Merles

De couleur principalement noir avec quelques touches de jaune, le maillot du club fait indéniablement pensé à l’oiseau au plumage noir de jais et aux anneaux oculaires et bec jaunes. Les origines du club sont lointaines puisque sa fondation remonte à l’année 1905. Mais, elles sont aussi nébuleuses. Ses racines pourraient se situer dans le Namur FC fondé en 1899 (et disparu en 1904) mais plus probablement dans une autre version du Namur FC recréé en 1905 ou bien même du Red Star Namur fondé en 1913. Plusieurs refondations et fusions de différents clubs de la ville permirent de donner naissance officiellement à l’Union Royal de Namur en 1941.

De tous ces clubs, au moins un, le Wallonia, évoluait déjà en jaune et noir mais il est difficile étant donné le flou autour des origines du club, les raisons de ce choix de couleurs. Toutefois, on ne peut s’empêcher de penser que les armoiries de la cité n’y soient pas étrangères. Ces dernières se composent d’un lion noir rampant sur fond jaune qui apparaît déjà sur le contre-scel du sceau de la cité. L’animal héraldique provient des armes de la Maison de Hainaut. En 1184, Baudouin V de Hainaut hérita du comté de Namur et son fils donna ses armoiries (l’or au lion de sable) à la cité. La Maison de Hainaut régnant aussi sur le comté de Flandres, le lion namurois et le lion flamand ont certainement des liens fraternels.

Depuis l’année dernière, le merle s’affiche sur le logo du club. Selon le club, cet emblème phare et sentinelle de l’héritage du club incarne la détermination, la résilience et la persévérance qui caractérisent l’UR Namur.

#1296 – Wellington Phoenix FC : the Nix

Diminutif du nom de la franchise. Après 26 ans d’existence, le championnat australien de football (NSL) s’essoufflait avec le départ croissant des meilleurs joueurs australiens vers des ligues étrangères, un accord de télévision désastreux, le manque d’affluence et la baisse de sponsoring qui en a résulté. Un nouveau championnat fermé, A-League, fut donc lancé en 2004 avec 10 franchises, dont 9 basées dans les principales villes australiennes. Mais, comme la NSL l’avait fait en 1999 en favorisant la fondation des Auckland Kingz, la fédération australienne invita à la création d’une franchise en Nouvelle-Zélande, New Zealand Knights à Auckland. Mais, après deux saisons, cette dernière fut dissoute car les résultats étaient catastrophiques (2 fois derniers, 6 victoires en 42 matchs) et donc les affluences aussi. Toutefois, la A-League et la fédération néo-zélandaise souhaitaient conserver cette présence étrangère et une nouvelle franchise fut donc installée.

Après les échecs de quelques candidatures, Terry Serepisos, un promoteur immobilier de Wellington porta un nouveau projet et apporta les garanties financières nécessaires. Le nouveau club de Wellington fut confirmé le 19 mars 2007. Evidemment, il fallait trouver un nom au nouveau club, élément marketing important dans les franchises des nouveaux marchés. Le propriétaire organisa un concours et plus de 250 noms furent proposés par le public le 23 mars 2007. Le Phoenix ressortit devant les autres dont FC Wellington, Wellington United et Wellington City. La liste fut réduite à 6 et une nouvelle consultation fut lancée dans le journal « Dominion Post ». Parmi les lecteurs, le nom classique « FC Wellington » reçut le plus de soutien, mais parmi les autres cinq noms, plus illustrés, « Phoenix » devança les propositions « Wasps » et « Centurions », tandis que « Thunder » et « Crew » étaient les moins populaires. Les participants avaient une idée, tel que l’écrit l’un d’eux « Follow the lead of the best, stick with a traditional name and let a nickname come from the crowd » (Suivez l’exemple des meilleurs, restez avec un nom traditionnel et laissez un surnom venir de la foule). Seulement, ce n’était peut-être pas satisfaisant pour un propriétaire de franchise qui avait besoin de créer une identité plus rapidement avec le public.

Terry Serepisos retint donc « Phoenix » car « Phoenix took my eye and has stayed with me. It symbolises the fresh start, the rising from the ashes and the incredible Wellington support that has come out » (Phoenix a attiré mon attention et est resté avec moi. Il symbolise le nouveau départ, la renaissance des cendres et l’incroyable soutien de Wellington qui s’est manifesté). Le nom faisait appel à la mythologie, ce qui créait un symbole, une identité connue de tous, et faisait référence à la renaissance du football néozélandais après l’échec de la première franchise. Et comme le dira ultérieurement l’un des membres du groupe de supporteurs, Yellow Fever, « There’s always a feeling of hope around the Phoenix » (il y a toujours le sentiment d’un espoir avec le Phoenix).

#1277 – FC Koper : Kanarčki

Les canaris. En plus de son port et de sa charmante vieille ville, Koper abrite le club de football qui, lors de la saison 2009-2010, secoua le football slovène. En effet, après avoir frôlé la relégation l’année précédente, Koper vécut une renaissance sous la direction du milieu de terrain vétéran Pavlin, qui était joueur et directeur sportif. Ainsi, le FC Koper remporta le titre de champion de Slovénie et devint seulement le 5ème club à remporter le titre slovène depuis l’indépendance (soit 19 saisons).

En 1920, le football s’ancra définitivement dans la cité avec la création du club de Circolo sportivo Capodistriano par la communauté italienne (la région était alors en Italie). Capo d’Istria était le nom italien de la ville et signifiait « tête de l’Istrie ». L’équipe était composée principalement d’étudiants, d’ouvriers et de pêcheurs et évoluait en noir et blanc, avec un emblème rouge. En 1928, le club fut rebaptisé Unione sportiva Capodistriana. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville de Koper subit de lourds dégâts et, à l’issue de la guerre, la région intégrant la Yougoslavie, seulement 5 clubs revirent le jour. En 1955, deux des associations survivantes, Aurora et Meduza fusionnèrent pour donner naissance au NK Koper. S’en suivit quelques changements de nom pour arriver à l’actuel en 2017.

A un moment, le club opta pour des maillots jaunes à parements bleu ciel. Donc, le jaune donna comme pour beaucoup d’autres clubs dans cette situation le surnom Kanarčki. Si on ne sait pas quand le club changea pour ces couleurs, en revanche, l’inspiration venait probablement des armoiries de la ville. En effet, dès le XIXème siècle, la ville avait pour blason une méduse or sur un fond bleu ciel. Puis, au fil des années, la méduse fut remplacée par le soleil. Certainement que ces deux couleurs évoquaient les couleurs de deux éléments essentiels de la nature de la ville, le bleu de la mer et du ciel, et le jaune du soleil.

#1267 – PFC Botev Plovdiv : Канарите, Канарчетата

Les canaris. Evoluant avec un maillot jaune, le Botev a rejoint la longue liste des clubs de football portant du jaune et surnommé les canaris. Les canaris d’élevage qui sont les plus communs arborent habituellement des plumes jaunes, avec les extrémités blanches, donnant le nom à la couleur « jaune canari » . Cette ressemblance s’est exprimée dans tous les pays du monde dont les français du FC Nantes (#208), les turcs de Fenerbahçe (#373), les anglais de Norwich (#51), les belges de Saint-Trond VV (#473), les norvégiens de Lillestrøm SK (#699), les algériens du JS Kabylie (#323), les mexicains du CA Morelia (#462), les colombiens du CA Bucaramanga (#962) et les finlandais de KuPS (#365). Pour Plovdiv, ce surnom a déteint sur le nom du magazine du club (Канарче).

Le 11 mars 1912, les élèves du Collège de Saint Augustin et ceux du Premier Lycée d’Hommes à Plovdiv unirent leurs ressources pour fonder le club du Botev. Toutefois, l’époque était troublée par les guerres balkaniques (ainsi que la première guerre mondiale) et ceci perturba les premières années d’existence du club, qui fut parfois au bord de la disparition. Finalement, les membres décidèrent de renforcer le club et rédigèrent les premiers statuts le 22 Août 1917. Ils adoptèrent également les couleurs du club : le jaune et le noir. Le jaune reprenait la couleur du Collège catholique de Saint-Augustin, dont venait une partie des fondateurs. Elle symbolisait aussi « златните жита на Тракия » (les grains d’or de Thrace), ce qui signifiait les grands champs de céréales cultivés en Thrace. Plovdiv est située dans la région historique de la Thrace. L’autre couleur, le noir, était celle de l’orthodoxie, religion du Premier Lycée d’Hommes, provenance des autres membres du club. En outre, le noir rappelait le tchernoziom du sol fertile de la région. Le tchernoziom est le nom donné à cette terre épaisse et noire, contenant un fort pourcentage d’humus (3 à 15 %), riche en potasse, phosphore et oligo-éléments. Ainsi, religion et agriculture furent les inspirations des membres du club pour décider les couleurs du club.