Les cardinaux. Plusieurs versions se rapportent à ce surnom mais ils font tous référence à la couleur rouge que les maillots du club arborent. Ainsi, ce maillot rappellerait le rouge des habits des cardinaux ou celui du plumage du Cardinal Rouge (sachant que cette oiseau tire son nom de la couleur rouge du plumage du mâle qui rappelle les vêtements rouges des cardinaux). Au final, tout revient aux cardinaux catholiques. Pourquoi le club joue en rouge et blanc ? Là aussi, il existe plusieurs versions. Une chose est sure, lors de son premier match, l’équipe évoluait avec un maillot bleu. Mais, la couleur souffrit au fil des lavages. Le club confectionna un nouvel uniforme en vert pour le remplacer. Mais, ces derniers se délavèrent également. Les supporteurs et l’un des fondateurs du club décidèrent de passer au rouge et blanc en référence au club anglais d’Arsenal. En mai 1942, Santa Fe fut invité à jouer dans la première division de la Ligue de Bogota. Il affronta alors la puissante équipe de l’Université, match auquel le club porta pour la première fois son maillot rouge à manches blanches. Il le remporta 7 buts à 3.
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#194 – Club de Regatas Vasco da Gama : Almirante
L’amiral, à la fois le surnom du club et le nom de sa mascotte. Ce surnom fait évidemment référence au nom du club qui rappelle celui du célèbre navigateur Vasco de Gama. A la fin du XIXème siècle, l’aviron était un sport en vogue au Brésil. Quatre jeunes cariocas (Henrique Ferreira Monteiro, Luis Antonio Rodrigues, José Alexandre d’Avelar Rodrigues et Manuel Teixeira de Souza Júnior) avec 58 autres jeunes hommes issus de la communauté portugaise de Rio de Janeiro créèrent un club d’aviron le 21 août 1898. Cette année-là était célébré le quatre-centenaire de la découverte par Vasco de Gama, le navigateur portugais, de la voie maritime entre l’Europe et l’Inde. Vasco de Gama quitta le Tage le 8 juillet 1497 avec 200 hommes d’équipage à bord de quatre navires, longea toute la côte africaine, passa par le cap de Bonne-Espérance, pour atteindre le 28 mai 1498 les Indes (la cité-État de Calicut). Même si le voyage fut un échec commercial, Vasco de Gama gagna sa légende avec cette expédition et fut nommé Amiral des Indes. Vasco de Gama étant un marin portugais, les fondateurs donnèrent son nom à leur club d’aviron. La section football, quant à elle, naquit le 26 novembre 1915.
#137 – OGC Nice : les Aiglons
Le club niçois tire son surnom des armoiries de la ville où figure un aigle dominant trois collines et la mer. On retrouve la trace de ces armoiries dès 1431 dans des parchemins contenant les statuts de la commune de Nice délivrées par le Duc de Savoie, Amédée VIII. A cette époque, Nice était rattaché au Duché de Savoie depuis seulement quelques années. Suite à un problème de succession, entre 1380 et 1388, deux maisons (la maison d’Anjou-Sicile et la maison de Duras) s’affrontèrent pour la domination du Comté de Nice. Le Pays Niçois était rallié à la Maison de Duras mais faisait face aux Provençaux et leurs alliées de l’armée d’Anjou. Incapable d’être secouru par les Duras, les niçois se tournèrent vers Amédée VIII et la Maison de Savoie pour les défendre. Le 28 Septembre 1388, une carte connue sous le nom d’acte de dédition de Nice à la Savoie donna des premiers droits à Amédée VIII sur le Comté de Nice. Ces derniers furent réaffirmés face à la Maison Duras en 1391. Puis en 1419, la Maison d’Anjou-Sicile, par la régente de Naples Yolande d’Aragon, abandonna ses prétentions sur la région, marquant le rattachement définitif de Nice aux possessions de la Maison de Savoie. Cette incorporation étant nouvelle, le Duc souhaita marquer de son seau la ville. Or, Amédée VIII n’était pas uniquement Duc et avait également le titre de vicaire impérial, ce qui lui donnait une autorité et un prestige complémentaire. État indépendant rattaché au Saint-Empire romain germanique, la Maison de Savoie avait obtenu ce titre au XIIIème. Ainsi, pour affirmer leur domination sur la ville, les Ducs de Savoie imprimèrent, sur les armoiries de la cité, l’aigle, emblème impérial, qui dominait 3 collines et la mer, représentant le pays niçois.
Cette tradition de l’aigle sur les armes d’une ville impériale était largement diffusée au sein du Saint-Empire romain germanique, particulièrement pour les villes dites libres ou impériales. Aujourd’hui, les villes d’Aix-la-Chapelle (Allemagne – ville impériale en 1166), de Besançon (France – ville impériale en 1290), Dortmund (Allemagne – ville impériale en 1236), Essen (Allemagne – ville impériale en 1377), Lübeck (Allemagne – ville impériale en 1226), Nimègue (Pays-Bas – ville impériale en 1230), Nördlingen (Allemagne – ville impériale en 1215) ou Reutlingen (Allemagne – ville impériale vers 1240) affichent sur leurs armoiries, généralement un aigle noir sur fond jaune. Ce symbolisme était directement tiré des armes du Saint-Empire romain germanique (d’or, à l’aigle déployé à bec de sable et membré de gueules). Le Saint-Empire était une sorte de confédération de plusieurs Etats et principautés mais n’a jamais constituait un Etat-Nation au sens moderne. Issu de la décomposition de l’Empire de Charlemagne après le traité de Verdun (843), cet ensemble débuta par la réunion de deux divisions de l’Empire carolingien au Xème siècle et s’étendait principalement sur une partie de l’Allemagne et de l’Italie actuelle (jusqu’au XIVème siècle). Ainsi, les dynasties qui régnèrent qualifièrent l’Etat de « Saint » (à compter de 1157) pour exprimer que son monarque était établi par la volonté de dieu et régnait par droit divin. Ensuite, le terme « Romain » apparu vers 1184 (et de façon constante à partir de 1254) établissait un lien direct entre l’ancien Empire Romain (disparu en 476) et le nouvel Etat (qui occupait des régions historiques de l’Empire Romain). D’ailleurs, le monarque du Saint-Empire était titré « Empereur des Romains ». Pour renforcer l’héritage, les armes du Saint-Empire reprit les attributs de Rome dont l’Aigle. L’oiseau à l’époque de l’Empire romain était le protecteur des légions sur le champ de bataille et, selon leur croyance, favorisait les victoires des Romains au combat. Il apparaissait sur l’étendard des légions (aquila). Dès l’antiquité grec, l’aigle, animal favori de Zeus, le Dieu de tous les Dieux, symbolisait la puissance, la victoire et la prospérité. Dans la mythologie romaine, il demeurait attaché au Dieu des Dieux, Jupiter, en étant son messager. Pour le Saint-Empire, les armes d’un aigle noir sur fond jaune devint attestées vers 1250, la « Chronica maiora », un livre historique du moine bénédictin anglais, Matthieu Paris, attribuant un Reichsadler (l’aigle impérial) à deux têtes à l’Empereur Otto IV. Ce symbole, le Reichsadler, a traversé les âges, en étant représenté sur les armes du Saint-Empire, l’Empire Allemand, la République de Weimar, le 3ème Reich et jusqu’à aujourd’hui, la République Fédérale Allemande.
L’aigle se retrouve aujourd’hui sur l’écusson du club.
#91 – Millonarios FC : los Embajadores
Les ambassadeurs. Au début des années 1950, le football colombien connut son age d’or. Sans l’accord de la fédération nationale, les équipes colombiennes se professionnalisaient et, en ouvrant leur capital à leurs fans, accumulaient d’importantes sommes d’argent. Les clubs créèrent alors un championnat professionnel. Exclus par la fédération colombienne et la FIFA, les clubs colombiens vivaient dans l’illégalité et profitèrent de la situation pour piller les clubs des pays d’Amérique du Sud en recrutant leurs joueurs. En effet, sans existence légale, ils pouvaient recruter des joueurs sans verser de compensation à leur club d’origine. Au même moment, en 1948, le championnat argentin connut une grève des joueurs, qui estimaient que la répartition des bénéfices entre les clubs et les joueurs n’était pas assez équitable. Les meilleurs joueurs s’expatrièrent alors en Colombie pour profiter des importants salaires offerts.
Pour Millonarios, tout commença en 1949 avec l’embauche des argentins Carlos Aldabe, en tant qu’entraîneur-joueur, et Adolfo Pedernera. Ambassadeurs du club, les deux argentins convainquirent d’autres compatriotes dont Alfredo Di Stéfano et Néstor Raúl Rossi à les rejoindre et les deux derniers firent leurs débuts le 13 août 1949. Plus tard, l’équipe se renforça avec les arrivées du gardien de but de l’équipe nationale argentine, Julio Cozzi, ainsi que ses compatriotes Hugo Reyes, Antonio Báez, Reinaldo Mourin, Adolfo Jorge Benegas, Felipe Stemberg, Roberto Martinez, Julio Avila et Oscar Contreras. D’autres nationalités vinrent compléter la formation : les uruguayens Raul Pini, Ramon Villaverde, Alcides Aguilera et Víctor Bruno Lattuada, le paraguayen Julio César Ramírez et les péruviens, Alfredo Mosquera, Ismael Soria et Jacinto Villalba. Des européens s’expatrièrent également dans le club de Bogotá dont l’écossais Robert Flawell et l’anglais Billy Higgins.
Avec une telle équipe, la réputation du club grandit et le club remporta de nombreux trophées, dont les premiers du football colombien à l’étranger tels que le Campeonato Bodas de Oro del Real Madrid (tournoi du cinquantenaire du Real Madrid) en 1950 et le Mundialito de Clubes (tournoi mondial des clubs) en 1953. C’était la première équipe colombienne à côtoyer et s’imposer face aux plus grands formations étrangères et elle devenait alors le représentant du paus, son ambassadeur. Finalement, le club était devenu l’une des composantes colombiennes de ce que l’on appelle aujourd’hui le soft power. En 2010, ce rôle fut reconnu par la FIFA qui qualifia Millionarios comme le premier ambassadeur du football colombien.
L’avantage de ce surnom est qu’il permet aussi de faire référence aux premières années d’existence du club. Les joueurs se mettaient au vert avant chaque match à l’hôtel Ambassador de la ville de Bogotá.
#55 – CA Independiente : El Rey de Copas
Le roi des coupes. Si on peut penser à la carte du jeu espagnol, Ronda, le club argentin hérita de ce surnom dans les années 70. Précisément, il le gagna le 29 août 1976, après avoir remporté la finale de la Copa Interamericana contre l’Atlético Español. Il s’agissait de son 10ème titre international. En effet, emmené par le duo Bochini-Bertoni, le club atteignit les sommets en remportant 4 Copa Libertadores (1972, 1973, 1974 et 1975), 3 Copa Interamericana (1973, 1974 et 1976) et 1 Coupe Intercontinentale (1973). L’exploit fut notamment de gagner 4 Copa Libertadores d’affilé, ce qu’aucun n’était parvenu à réaliser et que personne ne réédita depuis. Ce fut vraiment la era dorada (l’âge d’or) du club. Curieusement, si le club remporta de nombreuses coupes pendant cette période et qu’il fut surnommé le Roi des coupes, Independiente ne gagna jamais la Coupe d’Argentine. On peut avoir une coupe pleine sur le continent et vide au niveau national. Dans les années qui suivirent, Independiente ajouta à ce palmarès 3 autres Copas Libertadores (1964, 1965 et 1984), 2 Copa Sudamericana (2010 et 2017), 2 Supercopa Sudamericana (1994 et 1995), 1 Recopa Sudamericana (1995) et 1 Coupe Intercontinentale (1984). De même, il conquit d’autres trophées internationaux moins côtés ou plus anciens (et disparus) comme 1 Copa J.League-Sudamericana (2018 – confrontation entre clubs japonais et argentins) et 2 Copa Dr. Ricardo Aldao (1938 et 1939 où s’affrontaient des clubs argentins et uruguayens
En décembre 2016, les supporteurs du Real Madrid réalisèrent un tiffo pour le match contre Dortmund où figurait le titre de « Rey de Copas », pour faire référence aux 11 Ligues des Champions remportés (à l’époque). Bien entendu, cela fit sursauter les afiocionados d’Independiente. Mais, le titre est surtout contesté en Argentine par son rival de Boca Juniors. En effet, après les années dorées d’Independiente, Boca Juniors accumula de nombreux titres internationaux (3 Coupes Intercontinental (1977, 2000 et 2003), 6 Copa Libertadores (1977, 1978, 2000, 2001, 2003 et 2007), 2 Copa Sudamericana (2004 et 2005), 4 Recopa Sudamericana (1990, 2005, 2006 et 2008), 1 Supercopa Sudamericana (1989), 1 Copa Máster de Supercopa (1992) et 1 Copa de Oro Nicolás Leoz (1993)). 18 titres pour Boca contre 17 pour Independiente (22 contre 19 en comptabilisant de vieux trophées internationaux disparus). Ainsi, Boca Juniors est devenu pour certain le véritable Rey de Copas. Mais, je ne vous conseille pas d’avancer de tels arguments si vous vous trouvez à Avellaneda, le fief d’Independiente.
#27 – CSD Colo Colo : el Cacique
El cacique était un titre de chef d’une tribu des Caraïbes ou d’Amérique centrale. Par extension, ce mot a été utilisé par les chroniqueurs espagnols du XVIème siècle, pour d’une manière générale, désigner les souverains des civilisations précolombiennes. Le Colo Colo fut fondé en 1925, après la dissidence de certains joueurs du club de CSD Magallanes. Pour le nom du club, ils décidèrent de prendre le nom d’un célèbre cacique des Mapuches (peuple amérindiens du Chili et d’Argentine), Colo Colo. L’histoire de ce dernier est floue mais on sait qu’il fut l’un des chefs des soulèvements contre les Espagnols. Son aura provient surtout du poème épique d’Alonso de Ercilla y Zúñiga : La Araucana. Grâce à ce poème, Colo-colo est devenu un symbole de sagesse et d’héroïsme pour les Mapuches comme pour l’ensemble des Chiliens.
#10 – Kaizer Chiefs : Amakhosi
Amakhosi signifie Chef ou Seigneur en zoulou et fait bien référence au nom du club. Il faut dire que si le club est jeune (il ne fut fondé qu’en 1970), il s’est forgé un des plus beaux palmarès sud-africain et mérite donc son nom de Chef. Toutefois, celui-ci n’est pas tiré de sa suprématie mais simplement de la volonté de son fondateur, le joueur de football sud-africain, Kaizer Motaung. Après une carrière professionnelle aux Etats-Unis, il revint au pays en 1970 pour créer sa propre équipe de football à Soweto. Ce dernier décida, pour le nom de son club, de mixer son prénom, Kaizer, à celui de son ancienne équipe américaine, les Atlanta Chiefs. Résultat : Kaizer Chiefs FC. Côté écusson, le joueur emprunta également le blason du club américain d’où la présence d’un chef indien.
