#1447 – GFK Tikveš : Лозари

Les vignerons. Fondé en 1930, le club réside dans la ville de Kavadarci mais représente la région de Tikveš. Niché au centre de la Macédoine du Nord, le long de la vallée du Vardar, cette région constitue l’épicentre historique et économique de la viticulture macédonienne. Bénéficiant d’une rencontre climatique privilégiée entre les influences méditerranéennes clémentes et la rigueur continentale, cette plaine entourée de montagnes rassemble des conditions pédoclimatiques exceptionnelles pour la culture de la vigne.

La viticulture dans la région de Tikveš ne date pas d’hier. Les vestiges archéologiques attestent que l’art de faire du vin y était déjà pratiqué dès l’époque de la Grèce antique et de la domination romaine. Bien que la domination ottomane durant plusieurs siècles ait freiné le développement commercial du vin, la production domestique s’est perpétuée. Au XIXème siècle, et plus particulièrement avec la fondation de la célèbre cave Tikveš Winery en 1885, la région est entrée dans l’ère moderne de l’oenologie. À l’époque de la Yougoslavie, la région de Tikveš assurait à elle seule près des deux tiers de la production viticole du pays.

Aujourd’hui, Tikveš est la plus grande et la plus importante région viticole de Macédoine du Nord, rassemblant à elle seule environ 10 000 à 12 000 hectares de vignes sur les 28 000 hectares que compte le pays. A Kavadarci, sur les 18 523 ha cultivables de la municipalité, 4 246 ha sont occupés par la vigne. La région représente environ 80 % de la production globale de vin du pays, qui s’élève en moyenne à 90-100 millions de litres par an. La viticulture est donc le poumon économique de la région. 12 000 à 15 000 familles et viticulteurs indépendants vivent directement de la culture de la vigne. La région de Tikveš produit une large palette de vins rouges, blancs et rosés, s’appuyant à la fois sur des cépages autochtones (Vranec, Smederevka, Temjanika et Kratošija) et internationaux (Merlot, Cabernet Sauvignon, Syrah, Chardonnay, Sauvignon Blanc et Riesling).

Incontestablement région du vin en Maécdoine du Nord, le club a hérité du surnom de Лозари et a décoré son écusson d’une fille de vigne.

#1446 – AOK Kerkyra : Φαίακες

Les Phéaciens. Fondé en 1969, le club représente la ville de Corfou, sur l’île éponyme. Le nom grec de l’île est Κέρκυρα (Kerkyra) qui dériverait du grec κέρκος (anse) en référence à la forme de l’île. Dans l’antiquité, l’île portait le nom de Corcyre (Κόρκυρα) pour la nymphe Corcyre. La légende raconte que Poséidon s’était épris de Corcyre, fille du dieu fleuve Asopos et de la naïade Métope, et l’enleva vers une île qu’il baptisa de son nom, Corcyre. De cette union, naquit un fils, Phéax, qui devint le roi de l’île et donnera son nom au peuple, les Phéaciens. Le raccourci serait donc facile à faire pour dire que les Phéaciens sont les habitants antiques de l’île de Corfou.

Mais, ce peuple fut surtout décrit dans les chants V à VIII de l’Odyssée. Ils y sont présentés comme un peuple pacifique et hautement civilisé, protégé des dieux. Fidèles aux lois sacrées de l’hospitalité (Xenia), les Phéaciens offrirent à Ulysse écoute, fêtes et présents avant de le reconduire jusqu’à Ithaque. Surtout, Homère retrace les origines du peuple. Originaires d’Hypérie, ils fuyaient la menace constante des Cyclopes avant de s’installer sur l’île mythique que Homère nomme Schérie. Outre leur ascendance divine, les Phéaciens se distinguaient par leurs vaisseaux sans gouvernail ni pilote. Ces derniers devinaient la pensée des marins et fendaient les flots à une vitesse prodigieuse, immunisés contre les tempêtes. Vous comprenez alors que ce peuple et sa civilisation apparaissent alors comme une utopie.

Donc, est-ce que la Schérie d’Homère est la Corfou actuel ? Depuis l’Antiquité, historiens, géographes et érudits cherchent à localiser la fabuleuse île de Schérie. Si certains y voient une terre purement imaginaire, la tradition la plus ancrée l’associe directement à Corfou. Thucydide et Strabon, historiens majeurs de la Grèce antique, identifiaient déjà Corfou comme l’ancienne terre des Phéaciens. La position stratégique de Corfou au nord de la mer Ionnienne, carrefour maritime entre la Grèce et l’Italie, correspond parfaitement au rôle de relais maritime attribué à Schérie dans le récit homérique. Par ailleurs, l’un des symboles les plus célèbres de Corfou est l’îlot de la Souris, situé au large de la pointe de Kanoni. La légende locale raconte que ce rocher n’est autre que le navire phéacien qui ramena Ulysse à Ithaque. Courroucé par l’aide apportée au héros qu’il poursuivait de sa vengeance, Poséidon aurait changé le vaisseau et son équipage en pierre dès leur retour au port.

Aujourd’hui encore, Corfou revendique fièrement cet héritage mythologique. L’île est fréquemment surnommée la Cité des Phéaciens. Les armoiries officiels de la municipalité de Corfou représentent un navire phéacien traditionnel sans gouvernail et le club reprend également cet étandard.