#1346 – Casa Pia AC : os Gansos

Les oies. Fondé le 3 juillet 1920, le club lisboète est lié à l’institution d’utilité publique Casa Pia dont la mission est de promouvoir les droits et de protéger les jeunes. Créée en 1780, elle se vouait à l’éducation des orphelins et à la réinsertion, par le travail, des mendiants et des prostituées. La formation des jeunes passa également par l’éducation sportive. En 1898, l’institution forma une équipe de football qui remporta un match face un club d’expatriés britanniques (Carcavelos Club), une victoire contre une référence de l’époque et qui allait populariser la pratique du football parmi la population portugaise. 22 ans plus tard, alors que des anciens bénéficiaires de Casa Pia avaient participé à la fondation du Benfica et au GS Luz Soriano, le football s’institutionnalisa au sein d’un club officiel, notamment grâce à Cândido de Oliveira, entraîneur national et joueur du Benfica, et futur co-fondateur du journal A Bola (la référence des quotidiens sportifs portugais).

L’Oie est la mascotte du club et, dans une des salles du stade, on peut trouver un tableau, signé par un ancien de l’institution Casa Pia, Tavares Correia, représentant une scène cocasse où un peintre revient vers sa toile et la trouve entourée d’oies. A l’arrière plan, on aperçoit la chapelle du Restelo où les pensionnaires de Casa Pia étudiés. Car ce surnom est un autre lien entre le club et l’institution puisque les oies est le surnom des élèves de Casa Pia. Plusieurs histoires viennent expliquer ce sobriquet qui serait apparu au milieu du XIXème siècle. Les Lisboètes aurait choisi ce surnom à cause de la posture fière et disciplinée des étudiants lors des défilés. En effet, la reine disait lors des cortèges en voyant les casapiens « Aí vêm os gansos ! » (Voilà les oies !).

Une autre explication réside dans la pratique sportive des étudiants de Casa Pia. L’institution était la première école à proposer des cours de natation. Or, les nageurs couraient torse nu de la plage de Jerónimos à celle de Bom Sucesso pour nager. Comme des oies selon les observateurs.

#1345 – LDU Portoviejo : la Capira

Si vous cherchez ce terme dans le dictionnaire académique espagnol, vous serez déçu de ne trouver ni le mot capiro, ni sa forme féminine capira. Pourtant, en Amérique Latine, ce terme existe. En Equateur, il désigne un homme rustre et grossier, synonyme de montuvio, l’équivalent des cow-boy sur la côte équatorienne. Ainsi, désormais, les équatoriens l’utilisent pour dénommer un paysan de la côte.

Selon un chercheur uruguayen, il est possible que le mot capiro dérive du portugais brésilien caipira, qui caractérisait les paysans aux origines douteuses et étaient souvent attribués au peuple Guaraní. En Argentine, on trouve d’ailleurs le terme campiriño pour désigner quelqu’un d’origine paysanne ou avec peu de contacts sociaux. Le terme est donc plutôt utilisé dans le sens de « bouseux » plus que « paysan ». Mais, comme souvent, de la moquerie, il est devenu un symbole identitaire des populations visées.

La ville de Portoviejo est la capitale de la province de Manabí, située sur la côte pacifique. Et avec les régions de Guayas et de Los Ríos, elle constitue la principale zone d’habitation des Montuvios. Ces derniers sont donc la population paysanne de la côte équatorienne qui, par sa maîtrise des chevaux, apparaît comme des équivalents des cow-boy américains, des llaneros colombien et vénézuéliens et des gauchos argentins. Il ne s’agit pas d’un groupe ethnique mais cette population partage une culture forte et uniquement identifiée en Equateur.

La côte et ses plaines, arrosées par de grands fleuves côtiers et leurs affluents, propose un climat propice à l’agriculture et, dès la seconde moitié du XVIIIème siècle, comptaient de nombreux propriétaires fonciers et des paysans indépendants pratiquant l’élevage laitier et une production agricole riche (cacao, café, hévéa, tagua (ivoire végétal), riz, tabac, coton, canne à sucre, bananes, ananas, oranges …). Contrairement aux populations andines, les paysans de la côte se distinguaient par un caractère indépendant et une grande mobilité ainsi que par sa machette et son chapeau de paille, dénommé toquilla. Leur culture particulière fut étudiée et mise en avant à partir des années 1920. Dans la musique et la danse, elle se distingue par l’Amorfino (chanson et danse d’amour) et le Pasillo (une adaptation locale et lente de la valse). Dans la cuisine équatorienne, les montuvios se distinguent par la diversité et la richesse de leurs plats qui allie fruits de mer et terroir, et s’articule autour du four Manabita (une boîte d’environ 1 mètre sur 1,5 mètre, rempli d’argile et alimenté au bois pour la cuisson). Les plats sont généralement présentés dans des feuilles de bananier et assaisonnés de sal prieta, une préparation à base d’arachides.

Selon le recensement équatorien de 2022, plus de 1 300 000 Équatoriens s’identifient comme montuvios (soit 7,7 % de la population équatorienne) et 33% des montuvios vivent dans la région de Manabí.

#1344 – OFC Pirin Blagoevgrad : Орлетата

Les aigles. Le précédent article traitait déjà d’un club dont le surnom est les aigles mais qui dérive directement des armoiries de la ville. Pour ce club bulgare, il faut plutôt chercher dans son environnement. Grâce à son centre de formation, Pirin est connu comme le nid de nombreux talents du football bulgare, sans conteste le plus renommé étant Dimitar Berbatov. Fondé en 1922 sous le nom d’Ilinden, le club connut une histoire compliquée, fusionna avec plusieurs autres formations avant de prendre son nom actuel en 1970. Et c’est à partir de cette date qu’il commença à s’établir dans les divisions supérieures du football bulgare.

Résidant dans la ville de Blagoevgrad, le club prit le nom du massif montagneux qui la borde, le Pirin. Ce dernier, délimité par les vallées des rivières Struma et Mesta, donna son nom à la région sud-ouest de la Bulgarie, la Macédoine du Pirin, qui correspond à l’actuel oblast de Blagoevgrad. Tirant probablement son nom de la divinité slave Pérun, le Pirin est dominé par le pic Vihren, culminant à 2 914 mètres, deuxième plus haut sommet du pays. Mais, un autre pic, situé dans la partie centrale et dénommé, Orelyak, donne une première réponse à la question des origines du surnom. Culminant à 2 098,6 mètres, il s’agit d’un magnifique pic de marbre qui, vu du nord, ressemble à un aigle aux ailes légèrement déployées. Et dans cette chaîne montagneuse, la présence de l’aigle ne se résume pas à cette forme. Une grande diversité d’espèces animales habitent dans le Pirin. On en recense plus de 2 000 invertébrés (araignées , mille-pattes, insectes …) et près de 250 vertébrés dont 45 mammifères et 177 espèces d’oiseaux. Parmi ces derniers, 3 types d’aigle (l’aigle tacheté, l’aigle botté et l’impressionnant aigle royal) cohabitent au sommet de ce massif rocheux. Ainsi, l’écusson du club présente depuis de nombreuses années la chaîne de montagne surmonté par un aigle.

#1343 – NK Triglav Kranj : Orli

Les aigles. Capitale des Alpes Slovène et 3ème ville du pays, Kranj est fier de son équipe de football qui fut fondé en 1920, sous le nom de SK Korotan. Et dans la symbolique, la cité et le club se confondent. En effet, l’écusson du club affiche, sur un fond blanc, un aigle rouge aux ailes déployées et la tête tournée vers la droite. Exactement les armoiries de la ville.

Cet aigle apparait sur le plus ancien sceau de la ville qui remonte au XIIIème siècle. Puis, à la renaissance, en 1530, ce sceau inspira les armoiries de la cité. Mais d’où vient cet aigle ? De la famille qui régnait sur la ville à compter du XIIème siècle, les Comté d’Andechs. Maison noble bavaroise, dont les armoiries représentaient un lion blanc au dessus d’un aigle de la même couleur sur fond bleu, les Andechs fut tout d’abord seigneurs sur des régions au sud-ouest de la Bavière autour du lac Ammer. Au fil des années, les Andechs étendirent leur possession en Bavière. Puis, ils acquirent des territoires étendus dans le Sud-Est du Saint-Empire suite au mariage de Berthold II, considéré comme le fondateur de la dynastie comtale, avec Sophia, la fille du comte Poppo II de Weimar-Orlamünde, margrave de Carniole, la région historique où se situe Kranj. Même si la Maison de Sponheim leur contesta, les Andechs dirigèrent la cité de Kranj mais surtout lui accordèrent des privilèges, en particulier les droits de cité à compter du premier tiers du XIIIème siècle. Les Comtes d’Andechs devinrent également Duc de Méranie (une des filles, Agnès, fut Reine de France) mais la lignée s’éteignit avec Othon VIII d’Andechs, qui mourut en 1248, sans héritier. Devenu cité, Kranj gagna en indépendance, possédait un tribunal provincial et devint un important centre commercial. Puis, la région et Kranj tombèrent à compter du XIVème dans l’escarcelle de la Maison des Habsbourg.

#1342 – Stamford AFC : the Daniels

On va descendre dans les bas-fonds du football britannique, en Southern Football League, équivalent de la 7ème et 8ème division, où évolue le club de Stamford. Mais, son surnom, the daniels, que le club porte fièrement sur son écusson, mérite que l’on s’y attarde. Dès 1870, un club de football existait à Stamford. Vers 1894, les deux clubs les plus importants de la ville, Stamford Town et Rutland Ironworks, fusionnèrent. Initialement, la nouvelle association prit le nom de Rutland Ironworks, considéré comme le plus fort des deux fondateurs. Puis deux ans plus tard, pour augmenter sa notoriété dans la ville, le club adopta le nom de Stamford Town. Quelques années plus tard, il gagna son surnom de the daniels, pour rendre hommage à Daniel Lambert, qui était plutôt une icone de la cité de Leicester.

Mais qui était donc Daniel Lambert ? Né en 1770, il fut gardien de prison et un éleveur d’animaux réputé, notamment de chiens de chasse, de chevaux et de coqs de combat. Mais, sa renommée, il la gagna en raison de sa corpulence. Car bien qu’il fut un sportif émérite (il aurait combattu un ours), à partir de ses vingt ans, il commença à prendre du poids. 200 kg en 1793, 250 kg en 1801, cinq ans plus tard 320 kg et à la fin de sa vie 350 kg. L’origine de son obésité provenait certainement d’un dérèglement hormonal car il semblerait qu’il ne mangeait pas de quantités importantes de nourriture et ne consommait pas d’alcool. Devenu impotent, il abandonna ses activités sportives mais également professionnelles, ce qui le fit plonger dans la pauvreté. Il dut alors se résigner à s’exposer comme une bête de foire et tourna à Londres comme dans le reste de l’Angleterre. En 1809, il arriva dans la ville de Stamford où il décéda subitement le 21 juin. Il fut enterré dans le cimetière Saint-Martin de la municipalité. Sa mort ne mit pas fin à sa notoriété, bien que d’autres personnes atteignirent ou dépassèrent son poids. Partout en Angleterre, de nombreux pubs et auberges furent rebaptisés en l’honneur de Daniel Lambert, notamment à Leicester et Stamford. Puis, le terme « Daniel Lambert » entra dans le langage courant anglais pour désigner tout d’abord un homme obèse et au fil du temps, tout ce qui est exceptionnellement grand, imposant. Lambert est toujours aujourd’hui un personnage populaire à Leicester, décrit en 2009 par le « Leicester Mercury » comme « one of the city’s most cherished icons » (l’une des icônes les plus chères de la ville).

#1341 – Jamshedpur FC : लौह पुरुष

Les hommes d’acier. Au début du XXème siècle, Jamshedpur s’appelait Sakchi et demeurait un petit village, habité par les tribus Bhumij et Santhal. A cette époque, le futur conglomérat indien Tata se concentrait dans les activités de production de coton mais son fondateur, Jamshedji Nusserwanji Tata, avait quatre ambitions : créer une entreprise sidérurgique, construire un hôtel emblématique, fonder un établissement d’enseignement de renommée mondiale et développer l’énergie hydroélectrique. La légende raconte qu’il souhaitait construire une aciérie car il aurait entendu Thomas Carlyle, l’influent philosophe écossais de l’époque victorienne, déclarer lors d’une conférence à Manchester que « the nation which gains control of iron soon acquires the control of gold » (la nation qui prend le contrôle du fer acquiert bientôt celui de l’or).

Il recruta un géologiste et, en Avril 1904, il envoya son fils, Dorabji Tata, voyager en Inde pour identifier un site riche des différentes ressources nécessaires à l’établissemet d’une usine sidérurgique, ie principalement du fer, du charbon, du calcaire et de l’eau. Il découvrit l’endroit idéal à Sakchi qui se situait au point de confluence de deux importantes rivières, Subarnarekha et Kharkal, qui, outre une eau de bonne qualité, offraient également des reserves importantes de sable. En outre, la région possédait d’immenses ressources minérales (parmi les plus importantes du pays), dont du minerai de fer, du charbon, du minerai de cuivre ou du calcaire. Tata décida d’y établir Tata Iron and Steel Company, le 26 août 1907, connue aujourd’hui sous le nom de Tata Steel. La construction de l’usine débuta dès 1908 et le premier lingot d’acier sortit de l’usine le 16 février 1912. Il s’agissait de la première usine sidérurgique d’Asie.

Renommée Jamshedpur, en l’honneur de Jamshedji Nusserwanji Tata, Sakchi se transforma en une ville dédiée à l’acierie, au point qu’elle est surnommée « Steel City » (la ville d’acier). Aujourd’hui, située au centre-ville, l’usine occupe environ un cinquième de la superficie de la cité et produit en 2023 près de 11 millions de tonne d’acier par an. L’entreprise employait autrefois près de 60 000 personnes à Jamshedpur et dans les mines environnantes mais avec l’automatisation, le nombre de collaborateurs a fortement décru. La ville étant dédiée à l’acierie de Tata, le club de football en est une émanation et son écusson présente un ballon sur lequel se déverse de l’acier en fusion (ou le ballon provient de cette acier en fusion).

#1340 – Sporting Gijón : la Mareona

La marée (d’une mer déchainée voire un raz-de-marée). Au Nord de l’Espagne, sur la côté Atlantique, se dresse la ville de Gijón, capitale des Asturies. Principale ville de la région, elle comptait moins de 30 000 habitants au début du XXème siècle mais son développement fut rapide, avec aujourd’hui une population de 300 000 habitants (et pas loin de 400 000 dans l’agglomération). Et cette population a rapidement constitué une communauté de fidèles, passionnés et ardents supporteurs. A chaque match, une marée de fans rouge et blanc envahit les stades, apportant leur soutien partout où le Sporting joue. Et cette ferveur ne tiédit pas même quand le club connut des heures difficiles dans les divisions inférieures. Chaque année, entre 20 000 et 25 000 personnes s’abonnent alors que le stade El Molinón où évolue le Sporting ne contient que 30 000 places. Cette ferveur donna le surnom la Mareona pour les fans de Gijón.

La première grande expression de cette passion pour le club remonte au 5 Avril 1944. Alors que la cité des Asturies comme le reste du pays fêtait la Semaine Sainte (où les Chrétiens célèbrent normalement la Passion du Christ), la population de Gijón descendit nombreuse dans la rue pour accueillir l’équipe qui remportait sa première promotion au sein de l’élite du football espagnol. Le 2 Avril 1944, Dimanche des Rameaux, à une journée de la fin, le Sporting assurait mathématiquement son accession après un match nul à l’extérieur face au Xerez CD. Après 3 jours de voyage retour, le Mercredi 5 Avril, l’équipe prit un bus à toit ouvert, décoré du grand écusson du club à l’avant et de drapeaux rouge et blanc sur les côtés, et descendit jusqu’à la place « Plaza de Los Mártires », aujourd’hui connu sous le nom « Plaza del Humedal », où les attendait le maire Mario de la Torre. Cette « procession » laïque fut accompagnée par une horde de supporteurs à pied ou à vélo et se termina vers 19h30, afin de ne pas perturber les célébrations religieuses.

Le Dimanche suivant, de nouvelles célébrations eurent lieues lors du dernier match face au Bétis Séville. Les joueurs et les supporteurs communièrent ensemble lors d’une série d’évènements où ils déposèrent un bouquet sur la tombe d’Anselmo López, le fondateur du club, rendirent, avant le match, hommage aux anciens joueurs, furent reçus à la mairie après le match et conclurent les célébrations par une nouvelle fête populaire sur la Plaza de José Antonio, aujourd’hui Plaza del Carmen.

#1339 – RB Bragantino : Linguiça Mecânica

Les saucisses mécaniques. Le club de Bragantino intégra le giron de la galaxie Red Bull en Mars 2019, avec pour objectif de revenir dans l’élite brésilienne. Objectif rempli dès l’année suivante. Depuis, les supporteurs espèrent revivre l’âge d’or du club qui se déroula à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Et cette période donna le nom de linguiça mecânica.

A cette époque, le CA Bragantino se trouvait bien loin de Red Bull. L’équipe enchainait les saisons en seconde division pauliste jusqu’au début de la grande aventure. En 1988, le CA Bragantino remporta le championnat pauliste de seconde division, lui donnant accès à l’élite de l’État mais surtout à l’anti-chambre de l’élite brésilienne (la Série B). En octobre 1988, alors qu’il avait été recruté pour entrainer l’équipe réserve de Bragantino, l’entraineur Vanderlei Luxemburgo convainquit la direction de lui laisser prendre la tête de l’équipe première. Avec son jeu léché et une équipe composée de joueurs jusqu’alors inconnus, mais qui intégrèrent ensuite l’équipe nationale brésilienne, comme Gil Baiano, Mauro Silva et Silvio, il obtint d’excellents résultats. En 1989, son équipe remporta, notamment, dès sa première année la Série B. Promu en première division brésilienne en 1990 où il terminait à une très prometteuse 6ème place, Bragantino devint cette année là champion de l’État de São Paulo en battant Novorizontino pour la première fois de son histoire. L’année suivante, l’expérimenté Carlos Alberto Parreira succéda à Luxemburgo sur le banc et poursuivit son oeuvre. Après avoir terminé 2ème de la première phase du Championnat du Brésil 1991, l’équipe élimina en demi-finale le Fluminense et échoua de justesse à conquérir le titre suprême face au São Paulo FC de Telê Santana. La période dorée s’acheva en 1994 avec une relégation. Pendant ces années, l’équipe développa un jeu ciselé et il n’était pas rare qu’elle s’imposât face aux plus grandes équipes comme les Corinthians, Santos, Palmeiras et São Paulo FC. Au point qu’elle fut comparée à la grande équipe des Pays-Bas des années 1970 qui avait reçu le surnom d’Orange mécanique (en hommage au film de 1971 et en référence à son uniforme orange et la mécanique chirurgicale et efficace de son fameux football total).

Mais, évoluant en noir et blanc, le terme orange fut remplacé par saucisse. Pourquoi ? Au début du siècle dernier, Bragança Paulista constituait l’un des plus grands centres d’élevage porcin du Brésil et accueillait une grande communauté d’immigrés italiens. L’histoire raconte que Palmira Boldrini, une Italienne d’origine, préparait une saucisse maison à base de cuisse de porc, de vin et d’épices, qui conquit le palais de l’ensemble du Brésil. La ville devint ainsi connu grâce à cette charcuterie et gagna le nom de Terra da Linguiça (Pays de la saucisse). Aujourd’hui, la ville compte douze fabricants.

#1338 – Patro Eisden Maasmechelen : Koempels

Mineurs en dialecte limbourgeois. Inquiet de voir les jeunes de la paroisse partir vers d’autres villes pour assouvir leurs passions sportives, l’aumônier Maurice Vanschoenbeek (vicaire dans la cité d’Eisden) fonda le club du VV Patro Eisden, Patro indiquant que ce club était un patronage. En 1942, le club était admis à l’Association royale belge de football, avec pour président d’honneur et président, les directeurs de la mine d’Eisden. Car, la vie de la commune d’Eisden tournait autour de la mine de charbon dont l’exploitation avait débuté une vingtaine d’année auparavant.

En Belgique, au XIXème siècle, les bassins houillers se situaient en Wallonie (Liège, Charleroi, Borinage) mais, l’industrialisation de plus en plus importante de l’économie européenne entraina une demande croissante de charbon et favorisa la recherche de nouveaux bassins en Flandre. Bien qu’exploité depuis le Moyen-Âge, l’importance des réserves de charbon dans le quart sud-est de la région du Limbourg fut mise en évidence vers 1870. Ce bassin, qui prolongeait celui d’Aix-la-Chapelle, s’étendait de Landgraaft (Pays-Bas) à Berlingen (Belgique). La partie néerlandaise se dénomma Bassin du Limbourg et compta jusqu’à 12 mines tandis que celle belge s’appella Bassin de Campine. Ce dernier filon fut découvert en 1901 mais, en raison de problèmes techniques et politiques, l’exploitation ne démarra que dans les années 20 pour atteindre sa vitesse de croisière après la Seconde Guerre mondiale et s’organisa autour de 7 mines, chacune ayant deux puits.

La mine de charbon de Limburg-Maas à Eisden (village depuis absorbé par Maasmechelen) fut la deuxième mise en service en 1923. Elle descendait jusqu’à 900 mètres. La production totale de cette mine atteignit 73 191 000 tonnes avec un record annuel en 1957 à 1 883 420 tonnes. A son apogée, en 1955, 7 340 mineurs travaillaient dans la mine. Toutefois, dans cette zone frontalière relativement peu peuplée, les sociétés exploitant la mine durent attirer une main d’oeuvre importante. Après l’installation d’une ligne de train, l’entreprise minière se lança rapidement dans la construction d’habitations et de toutes les commodités d’une ville au sein du concept de « Cité-Jardin« . Du directeur aux mineurs, en passant par les ingénieurs et les employés, toutes les collaborateurs de la mine habitèrent dans cette Cité-Jardin, organisée autour de deux larges avenues. Outre des restaurants et des maisons closes, 3 cinémas, un monastère, des écoles, un casino, et un hôpital y étaient également implantés.

De manière générale, les conditions difficiles de travail (282 mineurs moururent dans des accidents dans la mine Limburg-Maas) créa une grande solidarité et camaraderie entre les ouvriers. Ce sentiment était renforcé dans les villes construites autour de la mine où les familles des ouvriers se côtoyaient quotidiennement et vivaient les mêmes difficultés. Ainsi, le mot Koempels fut utilisé en limbourgeois pour désigner les mineurs. Ce nom vient de l’allemand Kumpel, qui signifiait à l’origine ami ou compagnon. Et parmi les dirigeants, joueurs et supporteurs du club, on retrouvait de nombreux koempels.

#1337 – Jagiellonia Białystok : Jaga

Jaga est un diminutif de Jagiellonia. Le club a atteint le sommet du football polonais la saison dernière en remportant le titre de champion après 124 ans d’existence. Il fut fondé le 30 Mai 1920 par les soldats du bataillon de réserve du 42ème régiment d’infanterie. Le premier nom du club était donc KSBZ 42 PP (ie Klub Sportowy Batalionu Zapasowego 42 Pułku Piechoty – Club Sportif du Bataillon de Réserve 42 Régiment d’Infanterie). Puis, en 1932, l’équipe de football du KSBZ 42 PP fusionna avec le club d’athlétisme KS Związku Młodzieży Wiejskiej pour créer un nouveau club multisports appelé Białostocki Klub Sportowy (Club sportif de Białystok) Jagiellonia. Après la Seconde Guerre Mondiale, les autorités communistes dissolvaient le club (le 42ème régiment d’infanterie ayant combattu les bolcheviques lors de la Guerre soviéto-polonaise de 1919 à 1921) pour faire la place à une nouvelle entité, PKS Motor Białystok, devenu en 1948 le Wici Białystok, puis le Związkowiec Białystok un an plus tard. Le club fut finalement absorbé en 1951 par le Budowlani Białystok. Le 26 janvier 1957, avec la fusion de Budowlani Białystok et du Sparta Białystok, le club retrouva son nom historique, Jagiellonia.

Jagiellonia rappelait le lien historique de la ville et de la région avec la dynastie de la Maison Jagellon, qui régna sur une partie de l’Europe centrale entre le XIVème siècle et le XVIIIème siècle. Branche cadette de la dynastie ducale lituanienne des Gediminides, le règne de Maison Jagellon débuta avec Ladislas II Jagellon, qui, Grand-Duc de Lituanie de 1377 à 1392, devint également le premier Roi de Pologne en 1386, prémices du futur rapprochement des deux nations. Ses descendants étendirent leurs pouvoirs et récupèrent entre-autre la couronne de Hongrie de 1440 à 1444 et de 1490 à 1526 ainsi que de Bohême de 1471 à 1526 et furent électeurs impériaux (1471-1526). Leurs territoires couvraient la Lituanie, la Pologne, la Biélorussie, l’Ukraine, la Hongrie, la Bohême, la Moldavie, la Lettonie, l’Estonie, la région de Kaliningrad et d’autres parties occidentales de la Russie. Dans cette histoire, Białystok fut fondée entre 1440 et 1444, lorsque Jakub Raczko Tabutowicz reçut ces terres de Casimir IV Jagellon, Grand-Duc de Lituanie et Roi de Pologne, deuxième fils de Ladislas II Jagellon.