#1457 – Bamboutos FC : les Mangwas Boys

Les garçons de Mangwa, nom en langue ngiemboon des Monts Bamboutos. Le club réside dans la ville de Mbouda, l’une des principales cités du pays de l’ethnie des Bamikélés, au Nord-Ouest du Cameroun. Son surnom Mangwa Boys est le reflet d’une région majestueuse et des traditions séculaires du peuple Bamiléké. Il rappelle que l’équipe est l’ambassadrice directe d’un département à l’identité forte et singulière.

Le club porte en effet le nom du département de Bamboutos, où se situe Mbouda, dont les paysages associent des hauts plateaux, des massifs montagneux (d’anciens volcans) et des vallées encaissées. Il est dominé par la chaîne montagneuse éponyme, un imposant massif volcanique dont le point culminant, le mont Mélétan, approche les 2 740 mètres d’altitude (le troisième plus haut sommet du Cameroun après le mont Cameroun et le mont Oku) et qui s’étend du nord-est au sud-ouest sur environ 50 km. Caractérisé par une vaste caldeira (de forme elliptique d’environ 10 à 16 km de diamètre), ce relief bénéficie d’un climat d’altitude et agit comme un véritable château d’eau naturel, alimentant plusieurs bassins fluviaux essentiels du pays (Noun, Mbam et Sanaga).

Les pentes des monts Bamboutos sont le moteur de la vie économique locale. Face à une densité démographique parmi les plus élevées du Cameroun (jusqu’à 500 habitants/km² sur le plateau bamiléké), le territoire a dû s’adapter. Historiquement tournée vers la culture du café, l’économie s’est massivement orientée vers l’agriculture maraîchère, tirant profit de l’exceptionnelle fertilité des sols volcaniques. Au-delà de la géographie et de l’agriculture, les monts Bamboutos revêtent une dimension mystique fondamentale pour les communautés Bamilékées locales. La terre n’y est pas perçue uniquement comme un outil de production, mais comme un héritage ancestral inaliénable. Les montagnes, avec leurs grottes, leurs forêts et leurs cours d’eau, abritent de nombreux sanctuaires naturels où s’exercent les cultes traditionnels et le culte des ancêtres.

#1456 – Racing Club Abidjan : les Lions

Reconnu pour la qualité de son centre de formation, ce jeune club de la capitale économique ivoirienne a su très rapidement s’imposer parmi l’élite. Ancien joueur et éducateur entre autres de l’AS Monaco et Evian Thonon Gaillard, Souleymane Cissé fonda en 2006 un centre de formation à Abidjan pour développer des jeunes talents. Sa vision était que le football peut être un outil puissant d’éducation et de transformation sociale. Quand les premières générations formées étaient devenus mures, Souleymane Cissé acheta un club de football, le FC Kokoumbo, en 2016. Ses protégés pouvaient ainsi accéder à la troisième division nationale et démarrer leur acension. Puis, en 2017, il changea de nom pour devenir le Racing Club d’Abidjan et dans la foulée remporter le championnat de seconde division. Sa première saison au sein de l’élite (2018-2019) se conclut par une superbe 4ème place. Puis, le club marqua un grand coup l’année suivante en remportant son premier titre nationale (après un exercice tronqué par le coronavirus).

Son écusson arbore fièrement une tête de lion qui est devenu également son surnom. Pourtant, le félin a disparu depuis longtemps de la forêt ivoirienne et sa présence à Abidjan se limite aux quelques spécimens présents au Zoo. Ce dernier ne se situe pas plus dans le quartier où est né l’académie et où réside le club (Yopougon). En réalité, adopter l’image du roi de la savane pour le club est un choix (classique) pour symboliser la force, la détermination et l’esprit de conquête sur le terrain. Des valeurs que Souleymane Cissé souhaite voir développer par ses jeunes pouces comme les joueurs professionnels. Pour la petite histoire, l’importance de ce symbole est telle que fin 2020, le club a modernisé son logo en remplaçant l’ancien lion de profil par un majestueux lion vu de face. Ce changement visait à imposer une image de « fauve » encore plus intimidant et prêt à affronter ses adversaires les yeux dans les yeux.