#1460 – AS Douanes : les Gabelous

Au début des années 2000, des agents de la Direction Générale des Douanes constituèrent une équipe de football pour participer à des tournois corporatistes. Leur tout premier match fondateur se joua lors d’un tournoi organisé par le génie militaire. Puis, malgré le manque de moyens, l’équipe se développa et sortit du giron corporatiste dès 2001 et en 2014, elle rejoint la fédération burkinabè. La Direction Générale des Douanes comprit l’intérêt de posséder un club de sports en son sein afin de donner une image plus positive et dynamique des douanes auprès de la population burkinabè. En effet, cette dernière ne voyait l’administration des Douanes qu’au travers de sa mission de répression. Désormais, les douanes permettent aussi aux jeunes de pratiquer leur passion.

Ce club omnisports (il compte des équipes de football, volleyball, handball, judo, athlétisme et basketball) est donc lié à l’administration des douanes. Le Directeur Général des Douanes est statutairement le président d’honneur de l’AS Douanes. Le comité central, qui inclut des membres de la mutuelle et du syndicat des douanes, comprend aussi un « officier des sports », dont le rôle est de coordonner les activités entre l’administration douanière et le club sportif. L’administration douanière suit les performances de près, écrit officiellement pour féliciter les joueurs après des succès majeurs, et organise des soirées de célébration au sein même de la Direction Générale.

Le sobriquet de gabelous était donc logique. Ce terme est devenu un synonyme de douanier. Sous l’Ancien Régime, en France, les douaniers étaient des percepteurs d’impôts. En particulier, ils collectaient la gabelle, l’impôt sur le sel. Cet impôt était considéré comme le plus injuste car il portait sur une denrée incontournable pour conserver les aliments, le sel. De gabelle fut dérivé en ancien français le terme gabeleur, pour nommer les douaniers en charge de la collecte. Dans certains dialectes, le terme devint gabelous et par extension est devenu le mot familier pour désigner les douaniers.

#1459 – Sunshine Stars FC : the Owena Waves

Les vagues d’Owena. Le Sunshine Stars Football Club, fondé en 1995 et basé à Akure, dans l’État d’Ondo, s’est imposé comme l’une des formations incontournables de la première division du championnat de football du Nigeria. Ses joueurs sont affectueusement surnommés The Owena Waves. Ce surnom, loin d’être une simple métaphore sportive, est un ancrage géographique profond. Il rend hommage à la rivière Owena, un cours d’eau dont le rôle environnemental, économique et social est indispensable à toute la région de l’État d’Ondo.

Située dans le sud-ouest du Nigeria, la rivière Owena prend sa source dans les collines du nord-ouest de la région. Elle serpente ensuite sur une longueur approximative de 43 kilomètres, traversant un bassin versant vaste qui couvre environ 790 kilomètres carrés. Au cours de son parcours, la rivière traverse plusieurs zones administratives, notamment celles d’Ifedore et d’Ondo East, avant de se fondre dans le bassin hydrographique plus large de Benin-Owena. Bien que la rivière Owena ne figure pas parmi les longs fleuves du continent africain, son débit constant et la morphologie de son bassin en font une artère hydrique de valeur pour ce territoire. Dès 1960, le premier grand projet d’adduction d’eau de la région s’est appuyé sur son flux pour alimenter plusieurs municipalités. Cependant, face à une croissance démographique rapide, le gouvernement a commandité en 1976 le développement d’un projet de plus grande envergure : le barrage à buts multiples d’Owena (Owena Multipurpose Dam).

Ce barrage abrite un réservoir d’une superficie d’environ 7,8 kilomètres carrés et alimente une station de traitement moderne capable de traiter 60 000 mètres cubes d’eau par jour. Cette infrastructure est essentielle pour la ville d’Akure et les communautés voisines des États d’Ondo et d’Ekiti. La conception du barrage inclut des canaux permettant l’irrigation de près de 3 000 hectares de terres agricoles environnantes, soutenant ainsi les récoltes indépendamment des saisons des pluies.

Le surnom du club s’approprie à la fois l’aspect identitaire de la rivière pour la région mais aussi sa force, renforcée par l’adjonction du terme « vague ». Dans le langage footballistique, la métaphore de la vague incarne le mouvement perpétuel, la persévérance et une force irrésistible capable de submerger les défenses adverses.