L’équipe du choix. Le surnom de ce club sud-africain provient directement du slogan de sa ville de résidence, Pietermaritzburg. Fondée en 1838 par des colons néerlandophones qui migraient depuis le Cap vers l’intérieur du pays (les Voortrekker), cette municipalité est la seconde de la province du KwaZulu, anciennement mieux connue sous le nom de Natal. Ayant le nom en zoulou d’umGungundlovu, elle est populairement appelé Maritzburg en afrikaans. La ville devint rapidement un centre important politique et économique. D’abord capitale de l’éphémère République Boer. elle fut le siège de l’administration de la colonie du Natal après la reprise en main par la Grande-Bretagne en 1843. Puis, la ville se développa et l’industrie textile fut l’un des pans économiques les plus riches. Les autres secteurs sont la production d’aluminium, de bois et de produits laitiers. Elle bénéficie d’une couverture de transport intéressante : à seulement 45 minutes de route de Durban, le port le plus fréquenté d’Afrique, à une heure de route du nouvel aéroport King Shaka et à une heure de vol de l’aéroport internationale de Johannesburg . La ville possède aussi des infrastructures d’enseignement de qualité, telles que l’Université du Natal, fondée en 1910. Ainsi, la cité connut de longues périodes de prospérité, qui donnait de nombreuses possibilités aux habitants. L’apartheid fut même moins dur que dans d’autres régions du pays et les communautés blanches et noire semblaient vivre harmonieusement. L’Université était une voix majeure dans la lutte contre l’apartheid et fut l’une des premières du pays à dispenser un enseignement aux étudiants africains. Ainsi, la ville décida de se surnommer la ville du choix. Mais, cette vision semble appartenir au passé. Dans les années 1990, la concurrence à bas coût asiatique tua le secteur textile local. En outre, la mauvaise gestion de la ville entraina la déficience des services municipaux et la plaça plusieurs fois sous la coupe d’un administrateur.
Étiquette : Economie
#895 – CCDFA Arturo Fernández Vial : los Aurinegros
Les ors et noirs. Si le club de Concepción fut fondé le 15 juin 1903, il trouve ses origines dans une première association du nom de Club Deportivo Ferroviario Internacional (ou International FC selon d’autres sources) né en décembre 1897. Ce premier club regroupait les cheminots de la société nationale Ferrocarriles del Estado. Comme dans beaucoup de pays, en particulier en Amérique du Sud, les chemins de fer furent un vecteur du développement du football. D’une part, la masse des ouvriers constituait un vivier important. D’autre part, le réseau ferroviaire s’étoffa avec le soutien des experts en la matière, les britanniques. Nombre d’ingénieurs et de cheminots venant d’outre-manche émigrèrent dans les contrées sud-américaines et emmenèrent avec eux leur savoir-faire et leurs nouveaux loisirs tels que le football. Ainsi, le Club Deportivo Ferroviario Internacional naquit dans cet environnement (où les lignes ferroviaires se construisaient dans la région) et quelques années plus tard laissa sa place au CCDFA Arturo Fernández Vial (dont le F signifie Ferroviario).
Dans la tradition du monde ferroviaire sud-américain, le club retint comme couleurs le jaune et le noir. Pourquoi ? Il s’agit de rendre hommage à l’une des premières locomotives à vapeur, the Rocket (la fusée). Construite en 1829, elle fut conçue par l’ingénieur anglais George Stephenson, considéré comme l’un des « pères fondateurs » du chemin de fer à vapeur. Elle combinait plusieurs innovations de précédentes locomotives pour donner la machine la plus avancée de son époque et qui demeura la base de la plupart des moteurs à vapeur au cours des 150 années suivantes. Remportant le concours du Rainhill Trials, cette locomotive traînait treize tonnes à presque 25 km/h et pouvait atteindre la vitesse record de 56 km/h (sans charge). Elle fut exploitée sur la nouvelle ligne Liverpool-Manchester et sa fiabilité et ses performances aidèrent à l’expansion du chemin de fer. Stephenson choisit de peindre sa locomotive en jaune et noir. Il se serait inspiré des diligences les plus rapides de l’époque qui affichaient ces couleurs et ainsi il pensait suggérer vitesse et fiabilité.
Les surnoms máquina aurinegra et el Auri sont également utilisés.
#882 – Tersana SC : الشواكيش
C’est un terme argotique égyptien qui signifie les marteaux. Fondé en 1921 et basé à Gizeh (dans le quartier de Mit Okba) près du Caire, le club naquit sous le régime du protectorat britannique. Or, l’occupation britannique de l’Égypte depuis 1882 importa le football dans la vallée du Nil, via les expatriés anglais travaillant pour la Compagnie du canal de Suez. La création du club fut donc l’oeuvre d’un anglais, le Major E.W. Slaughter. Initialement basé à Boulaq, un des principaux ports de la capitale égyptienne, le club était destiné au personnel de l’administration maritime et des chantiers navals de ce district. Ainsi, l’ensemble des symboles du club se réfèrent au port et à ses activités. Le nom du club « tersana » est l’équivalent en arabe d’arsenal (parmi les constructeurs navals, certains devaient certainement bâtir des navires militaires). Les couleurs bleu et blanc de son maillot rappellent directement la mer. Enfin, son écusson affiche une ancre, symbole de l’univers marin.
Pour autant, le surnom du club, الشواكيش, ne le relie pas directement au monde maritime. Il existe différentes explications pour ce surnom. La première raconte que ce terme décrivait la rudesse et la force de l’équipe, qui frappait ses adversaires comme un marteau. La deuxième histoire, qui est la plus connue de toute, indique qu’à une époque, Tersana avait recruté dans ses rangs un certain nombre d’anciens fedayins. Dans les années 1940, des nationalistes égyptiens appelés fedayins formaient des petits commandos dont l’objectif étaient d’harceler les troupes britanniques qui défendaient le canal de Suez. Le marteau pouvait donc symboliser leurs actions coup de poing et leurs duretés. Enfin, la dernière version se rapproche des origines du surnom des anglais de West Ham United (cf article #313). Certains des membres initiaux travaillaient sur les chantiers navals de Boulaq. C’était pour la plupart des ouvriers qui travaillaient l’acier pour construire les navires. Le marteau était un symbole qui les représentait bien. Il semble en tout cas que le surnom fut popularisé par les célèbres commentaires sportifs, Abdul Majid Noman, écrivant pour le journal « Al Goumhoria » , et Najib Almstkawi, du quotidien national « Al Ahram » . Ayant attribué des surnoms à la plupart des clubs égyptiens, ils auraient affublé « hammers » à Tersana à la suite d’une intervention rugueuse du défenseur Fouad Gouda, qui provoqua la blessure au pied du joueur adverse, Saleh Selim.
#878 – Paksi FC : Atomváros
La ville atomique. Même si l’équipe appartient à l’élite hongroise depuis 2006, elle n’a jamais explosé au plus haut niveau. Elle connut une grande année 2011 lorsqu’elle termina à la seconde place du championnat et remporta son unique trophée, une coupe de la Ligue de Hongrie. En fait, ce surnom s’attache à la ville de Paks. Pourtant celle-ci, qui compte près de 20 000 habitants, ne fut pas le point de chute de Blondie. Ce lien avec l’énergie nucléaire s’est créé avec la présence de la centrale nucléaire MVM Paksi Atomerőmű, situé à 5,5 km au sud de la ville, sur la rive droite du Danube. Décidée en 1966, elle fut construite entre 1969 et 1987 et constitue l’unique centrale nucléaire en Hongrie. Etant donné l’importance des besoins, la construction mobilisa fortement les entreprises hongroises ainsi que soviétiques, et plus de 10 000 personnes travaillaient sur le chantier à son pic. Composé de 4 réacteurs, représentant 2 000 MW, ils furent mis en exploitation entre 1982 et 1987. Leurs durées de vie ont été régulièrement prolongées et ils devraient cesser leurs activités entre 2032 et 2037. Exploitée par l’opérateur nationale, MVM, la centrale fournit en 2019 plus de 50% de la production d’électricité de la Hongrie. Un projet de deuxième centrale, Parks II, fut lancée en 2009 après l’approbation de l’assemblée nationale. En Août 2022, les permis ont été obtenus et la construction devrait commencer prochainement.
Evidemment, étant donné la taille moyenne de la ville, l’implantation de la centrale fut importante pour son existence. Les deux guerres mondiales du XXème siècle avait causé d’énormes pertes dans la population, conduisant à une décroissance du nombre d’habitants. Le déclin de la population fut stoppé par la construction de la centrale électrique et le nombre de citoyens doubla alors en peu de temps. En outre, la présence de la centrale nucléaire donna un nouvel élan au développement économique et, aujourd’hui, le nombre d’entreprises est élevé par rapport aux villes de taille similaire. Le blason de la ville intègre le symbole d’un atome pour rappeler la présence de la centrale.
Le secteur sportif ne resta pas à l’écart du rayonnement de la centrale électrique. Dans les années 1910, le football était l’affaire des étudiants de la ville. La création du club, nommé Paksi SE, en 1952 se réalisa avec le soutien de la principale usine de la cité, la conserverie de légumes et fruits. De son côté, la société gérant la construction et l’exploitation de la centrale fonda sa propre organisation sportive pour ses ouvriers, dénommée Atomerűmű SE (Atomerűmű signifiant centrale nucléaire). Omnisport et avant tout axé sur le loisir, le club connut des sections sportives qui s’ouvrirent à la compétition et à la professionnalisation (surtout le basket qui encore aujourd’hui lutte au sein de l’élite). Les deux équipes évoluèrent dans les divisions inférieures jusqu’en 1984 où elle se retrouvèrent dans le même groupe en 3ème division nationale. Néanmoins, cette nouvelle rivalité fut un frein au développement des équipes car les deux manquaient de moyens financiers pour accéder à l’étage supérieure. Ainsi, le 1er juillet 1993, les dirigeants des deux clubs de Paks signèrent un accord pour fusionner, pour donner naissance à Paksi Atomerőmű SE, et la nouvelle équipe se basa avant tout sur les anciens joueurs d’Atomerűmű SE. Puis, en 2006, pour son accession à l’élite hongroise, le club changea de nom pour Paksi FC. En 2011, un accord de sponsoring fut signé avec MVM, l’exploitant de la centrale, le club intégrant le signe MVM dans son nom. Mais, en 2014, ce sponsoring cessa, MVM préférant continuer de sponsoriser le club voisin de Dunaújváros PASE.
#874 – Barnsley FC : the Colliers
Les mineurs (des mines de charbon). En regardant l’écusson du club, on peut y voir un mineur, sa lampe de fosse suspendue à son cou, tenant une pioche et de l’autre côté un souffleur de verre, soutenant un chalumeau. Ces deux ouvriers représentent les deux pans de l’économie du pays de Barnsley lors de la révolution industrielle : l’extraction de charbon et la verrerie. L’exploitation des ressources du sol démarrèrent dès le Moyen-Âge mais de manière assez artisanale. Même si l’extraction de charbon était facilité (car les réserves étaient peu profondes), l’enclavement de la région limitait cette industrie. En 1806, Barnsley ne comptait que 24 mineurs, soit seulement 2,4% de la population. Résultat, avant 1850, l’économie de Barnsley était dominée par le commerce du lin. Mais, avec les besoins de la révolution industrielle, les importantes réserves de charbon autour de Barnsley ne pouvaient pas rester inexploitées. Encouragé par le développement des voies ferrés qui permirent le transport de la production, Barnsley devint le principale filon du bassin houiller du Yorkshire, connu mondialement sous le nom de Barnsley Bed. La bonne qualité du charbon en faisait un excellent combustible pour les chemins de fer et un composant pour la sidérurgie. Plus que toute autre activité, les mines transformèrent le paysage rural du South Yorkshire. Outre, le développement des houillères, des terrils, des canaux et des chemins de fer, de nombreuses villes épousèrent cette économie. En effet, la population du bassin houiller augmenta de manière phénoménal et la nouvelle population minière, dont beaucoup étaient des migrants d’autres régions du pays, devait être logée à proximité des puits. De petites colonies furent ainsi construites, transformant des villages ruraux en petite ville ou en créant de toute pièce de nouvelles communautés. A partir de 1950, l’industrie du charbon commença son déclin. La réorganisation de l’industrie du charbon dans les années 1970 et 1980 conduisit à la fermeture de nombreuses fosses. Puis, la dernière mine ferma en 1991.
Barnsley est encore synonyme aujourd’hui de mine de charbon. La légende raconte même que dans ses premières années d’existence, le club de football s’en allait crier dans les puits pour recruter de nouveaux joueurs.
#869 – FK Sloboda Tuzla : Slana Garda
La garde salée. Le club puise ses origines dans les mouvements bolcheviques de l’après Première Guerre Mondiale. Au sein de l’association sportive Gorki (du nom de l’écrivain russe Maxime Gorki, figure de proue des révolutionnaires communistes), qui était lié au jeune parti communiste de Yougoslavie, la section football prit vie en 1919. Au cours des années suivantes, le club subit la pression des autorités afin de changer son nom bolchevique. En 1923, le tribunal ordonna la dissolution du club mais certains militants poursuivirent son activité à partir de 1927 via une nouvelle association dénommée Sloboda, ce qui signifie « liberté » . Mais, ce ne sont pas ces racines révolutionnaires qui donnèrent ce surnom.
Il est attaché à la ville de Tuzla, qui est connue comme la ville du sel. A compter du Néolithique, le sous-sol de la ville qui contient du sel gemme fut exploité. Des recherches archéologiques ont effectivement permis de mettre à jour des plats en céramique datant du Néolithique et servant à la cuisson de l’eau salée et à l’extraction du sel. Résultat, à l’époque romaine, la ville se dénommait Salines, puis elle prit le nom de Soli (nom local du sel) au Moyen Âge et enfin Tuzla (« mine du sel » en turque, sel se disant tuz) à partir de l’époque ottomane. C’est la Mer Pannonienne qui couvrait la région de Tuzla il y a 20 millions d’années qui, en disparaissant, laissa des roches évaporites salines. Au XIXème siècle, de nombreuses mines de sel furent ouvertes à Tuzla et un monopole fut accordé à la société Solana, créée en 1885. Le sel marque profondément l’urbanisme de la ville. De nombreux lieux s’y rapportent tels que les rivières Solina et Jala (provenant du grec ἅλας et signifiant sel). Sur le centre de la place principale de la ville, Trg Slobode, trône une fontaine en forme de bol à sel néolithique. Surtout, en plein centre ville, se situe un trio unique de lacs salés où les habitants profitent des eaux. Toutefois, l’exploitation des mines de sel de roche a eu comme conséquence de fragiliser le sol de la ville, qui s’affaisse.
#868 – Giresunspor : Çotanaklar
Il s’agit de l’involucre, cette enveloppe de feuilles qui recouvre le fruit du noisetier. On en retrouve 3 exemplaires sur le blason du club, qui est revenu dans l’élite turque en 2022 après 44 années d’absence. Si votre café provient certainement du Brésil, la fève de cacao principalement de Côte d’Ivoire (et depuis peu le consommateur a appris que le Canada était le premier producteur de graines de moutarde), les noisettes qui composent nos fameuses pâtes à tartiner sont essentiellement importées de Turquie. Les collines du nord de la Turquie bordant la Mer Noire (couvrant les provinces d’Ordu, Trabzon, Samsun et Giresun) concentrent la quasi-totalité de la culture nationale (90%) et représentent 70% de la production mondiale, faisant de la Turquie le premier producteur et exportateur de noisettes au monde. Giresun est l’un des principaux centres de culture. Ces régions présentent un climat favorable avec des températures entre 8 degrés Celsius et 30 degrés Celsius ainsi que des précipitations certaines. La nuciculture aurait débuté en Turquie entre 2800 et 1500 avant J.-C. tandis que Xénophon mentionnait la noisette dans la ville de Giresun au IVème siècle av. J.-C.. Au ΧΙΙΙème siècle, les Génois possédaient un comptoir à Trabzon et exportaient les noisettes vers l’Europe. En 1403, un document rédigé par Roy Gonzalez Clavio, chef de la délégation envoyée auprès de Tamerlan, par le roi Henri III d’Espagne, mentionnait le départ d’un bateau chargé de noisettes de Trabzon en direction de l’Espagne. Entre 1920 et 1950, la production était estimée à environ 30 à 50 000 tonnes. Dans les années 1950-1960, elle oscillait entre 44 et 130 000 tonnes. Sur la campagne 2021-2022, la production devrait atteindre 625 000 tonnes (pour une année normale, la moyenne est plutôt autour de 600 000 tonnes). Les pays de l’Union Européenne représentent le premier marché avec près de 80% des exportations de noisettes turques. Un tiers des exportations turques est même acheté uniquement par l’entreprise italienne Ferrero pour son Nutella (la noisette turque entra dans la recette de la célèbre pâte à tartiner après la Seconde Guerre Mondiale). En 2020, 35% des exportations de noisettes du pays étaient des produits transformés tandis que le reste était des noisettes crues, générant des revenus de près de 2 milliards de dollar par an. Aujourd’hui, les terres agricoles consacrées à cette culture atteignent près de 8 millions d’hectare pour 76 000 nuciculteurs. Dans son ensemble, le secteur fait vivre plus de quatre millions de personnes. D’où, en Turquie, la noisette est appelée l’ « Or Vert ».
#867 – CS Minaur Baia Mare : Minerii
Les mineurs. Le club fut fondé en 1948 par la fusion du club Phoenix Baia Mare, appartenant à l’usine chimique, créé en 1932, et Minaur Baia Mare, club des mineurs, créé en 1927. Dans un premier temps, relié à l’industrie métallurgique, le club se plaça sous le patronage de l’économie minière de la région. L’exploitation minière fut l’occupation de base et l’une des principales sources de revenues des habitants de la région de Baia Mare depuis l’Antiquité. Au cours du Néogène (s’étalant entre -23 millions d’années et -2,58 millions d’années), une activité volcanique intense se produisit dans la région, qui offrit le climat propice au développement d’une chaîne de montagnes. Les roches éruptives de ces massifs montagneux contiennent depuis des minerais d’or et d’argent ainsi que des métaux non ferreux (plomb, zinc, cuivre …). La naissance de la ville est certainement due à cette activité minière. Des témoignages écrits apparaissent dès 1329 et décrivent Baia Mare comme un important centre minier et une cité médiévale à majorité allemande. Le premier document qui donne des données plus détaillées sur l’exploitation minière à Baia Mare est le privilège délivré par Ludovic I en 1347, qui renouvelait les privilèges antérieurs de la ville et aussi jetait les bases de l’organisation minière. Au XVème siècle, l’exploitation minière était florissante. Au XIXème siècle, accompagnant la production minière, des industries métallurgiques se développèrent. Après 1918, l’État roumain fit l’acquisition des mines et des usines métallurgiques appartenant à la Hongrie en Transylvanie. Une agence d’État (Regia Intreprinderilor Miniere si Metalurgice ale Statului – Direction des entreprises minières et métallurgiques de l’État) fut créée. Après 1924, des sommes considérables furent investies afin de faire des mines des unités de pointe. En 1945, les opérations minières dans le nord du pays (dont Baia Mare) furent intégrés dans la société Minaur. Après l’établissement du régime communiste, l’apogée de la production dans le nord du pays commença : de nouvelles mines furent ouvertes. Seulement, l’exploitation minière n’était plus rentable et était fortement subventionnée par l’Etat pour répondre aux besoins de l’industrie lourde roumaine. Les réserves d’or de la banque centrale roumaine provenait de cette région. Après la révolution de 1989, les mines commencèrent à décliner. Le 30 janvier 2000, aux alentours de Baia Mare, eut lieu l’une des pires catastrophes industrielles européennes. Une fuite de cyanure provenant de la société Aurul, qui traitait les résidus de l’activité aurifère, se déversa en particulier dans la Tisza et le Danube, provoquant la mort d’une grande quantité de poissons en Hongrie et en Yougoslavie. Cinq semaines plus tard, une autre fuite, cette fois de métaux lourds (zinc, plomb, cuivre), contamina une nouvelle fois les eaux de la Tisza. Désormais, les activités minières ont quasiment disparus.
Néanmoins, elles marquèrent fortement l’histoire de la région comme du club. Après s’être appelé Energia Trustul Miner Baia Mare et Minerul Baia Mare, Minaur apparaît encore dans le nom du club. Du côté de la ville, son nom dérive directement de cette activité. « Baia » signifie une exploitation souterraine, une mine et provient du latin bannea ou du hongrois bánya. « Mare » est un adjectif dont le sens est étendu, vaste et venant du latin mas, mari. Ensuite, la production minière s’inscrivit dans ses armoiries. Sous le règne de Matthias Corvin, vers 1468, sur les pièces frappées à Baia Mare apparaissaient deux marteaux de mineur croisés, qui, plus tard, feront partie à la fois du sceau et des armoiries de la ville. Aujourd’hui, ils ont disparu mais on peut voir sur le blason un mineur sous terre avec une pioche en train de creuser.
#853 – 1. FC Tatran Prešov : Koňare
Les cavaliers. Troisième ville la plus peuplée de Slovaquie, Prešov comptait un important haras au siècle dernier qui donna aux habitants d’être connu sous le surnom de Koňare dans tout le pays. En 1859, la cité finança la construction d’un haras d’Etat qui s’éleva au centre de la ville (dans l’actuel rue Sabinovská). La structure massive se composait d’un bâtiment administratif avec des bureaux, des appartements pour les employés et des écuries, incluant des dépendances et des entrepôts. L’objectif était d’élever des races de chevaux à destination des régions septentrionales de la Hongrie (la Slovaquie était alors intégrée au sein du Royaume de Hongrie) afin qu’ils servent à la vie économique et également pour l’armée. Il servait aussi de relais pour les voyageurs et leurs montures, sur la route qui menait à Budapest. En 1962, ce haras de Prešov cessa d’exister. Le 25 janvier 1975, une forte détonation mit fin à l’existence des bâtiments du haras, à l’exception d’une partie de l’enceinte en brique.
Cette vieille tradition d’élevage marqua la ville et sa réputation dans le pays, donnant ainsi naissance à ce surnom. Le club de hockey local, le HC 21 Prešov, arbore sur son écusson un étalon tout comme le club du 1. FC Tatran Prešov. Pour ce dernier, outre l’histoire de la ville, il existerait un lien direct avec le haras. En 1899, un terrain de football fut édifié près de la rue Sabinovská, où se trouvait les haras. Si les spectateurs voulaient accéder au terrain de football à l’époque, ils devaient passer près des écuries. Les gens entendaient le hennissement des chevaux et supportaient leur odeur. Cet environnement ne plaisait pas à tous les spectateurs, notamment les fans adverses qui le faisaient savoir en criant dans les travées « Koňare ! Koňare ! ».
#847 – SC Eendracht Alost : de Ajuinen
Les oignons. Dans toute la Flandre, les habitants d’Alost sont connus pour être des oignons. Et si, au départ, le terme était certainement utilisé de manière ironique, le sobriquet semble être devenu un titre honorifique pour les habitants. Il se rapporte à l’une des activités économiques importantes de la ville et ses alentours au XIXème siècle. Bordée de polder, la rivière Dendre offrait des rives fertiles pour la culture de l’oignon. Résultat, la majorité des paysans d’Alost cultivait des oignons. Outre le grand marché du houblon, un célèbre marché aux oignons se tenait également à Alost. Ce sobriquet moqueur a connu des dérivés au fil du temps tels que ajuinpelders (éplucheurs d’oignons), ajuinboeren (producteurs d’oignons), ajuinfretters (moulins à oignons). Les premières traces de ce surnom apparaissent dans une chanson folklorique de Flandre orientale de Termonde, datant de 1843. Normal car les deux villes entretenaient une saine rivalité. Pour les termondois, les oignons permettaient de désigner les alostois comme des idiots, des cancres. Mais ces derniers, fiers de cette culture, ne furent pas gêner par ces moqueries. D’ailleurs, en 1890, lors d’une procession, les habitants d’Alost représentèrent leur cité sous la forme d’un oignon.
Naturellement, la plante potagère est ancrée dans la culture et le folklore locale. Dans la région, l’expression « Hij heeft nen ajuin gehad » (il a eu un oignon) signifiait qu’une femme abandonnait son mari. La porte du pauvre malheureux pouvait même se voir décorer d’une rangée d’oignons. Si, aujourd’hui la culture a décliné, l’oignon demeure toujours un symbole vivant. Dans la gastronomie belge, la soupe à l’oignon d’Alost y tient sa place. Evénement majeur de la ville, vieux de 600 ans, le carnaval d’Alost est mondialement connu et rassemble chaque année, pendant 3 jours, près de 100 000 personnes. Placé sous le signe de l’exubérance et de la parodie, le carnaval est rythmé de différentes festivités : un défilé de chars et de géants, une danse des balais pour chasser les fantômes de l’hiver, une parade burlesque de jeunes gens travestis en femmes (Voil Jeanetten) ainsi qu’en rituel final, la mise au bucher de l’effigie du carnaval. Parmi ces spectacles, la lancée d’oignons (Ajuinworp) demeure une institution. Depuis le balcon de la mairie, sur la Grote Markt (la place centrale de la ville et lieu principal des festivités), des oignons sont jetés au public, qui espère pouvoir attraper l’un des oignons dorés (gouden ajuin).
Toutefois, les jeunes générations connaissent moins bien les origines de l’oignon comme symbole et activité florissante de la ville. Une toute autre version a ainsi émergé. Selon cette dernière interprétation, le surnom d’oignons s’expliquerait plutôt par une particularité du dialecte de la région. Pour répondre positivement, les habitants d’Alost disait régulièrement « ha, ja hij » (ah ben oui), ce qui ressemblait à la prononciation du mot oignon dans le dialecte local ([a’join]).
