#964 – Toulouse FC : les Violets

Elles ne sont pas nombreuses les équipes évoluant en violet dans le football (principalement RSC Anderlecht (#236), Fiorentina (#103), Ujpest (#578) et Valladolid) et cela constitue un marqueur d’identité très fort. Pour comprendre ce choix, il faut remonter aux origines du club. Depuis 1967, la ville de Toulouse était orpheline d’un club professionnel de football. En effet, en 1937, avec l’avènement du professionnalisme en France, l’idée de la création d’un grand club toulousain émergea et ainsi naquit le Toulouse FC, premier du nom, qui prit les couleurs rouges et blanches. Mais, présidé à partir de 1961 par un chef d’entreprise milliardaire et communiste, Jean-Baptiste Doumeng, le club toulousain s’engagea en 1967 dans une improbable fusion avec le Red Stad, club de la banlieue est parisienne. Estimant qu’il n’avait pas le soutien financier de la mairie socialiste, Jean-Baptiste Doumeng proposa au club audonien, qui végétait en seconde division, d’absorber son TFC en reprenant les joueurs, le staff et son siège dans l’élite. 30 ans d’histoire du football toulousain disparut en fumée.

La nature ayant horreur du vide, des entrepreneurs locaux, dont Lilian Buzzichelli, souhaitèrent relancer un nouveau club professionnel. Ainsi, sur les bases du club corporatif Buzzichelli Levage Sports, l’Union Sportive Toulouse vit le jour le 25 mai 1970. La direction opta pour les couleurs rouge et jaune (sang et or) de la Croix Occitane. Présent sur de nombreux blasons de villes et provinces de l’Italie à la Catalogne (pays occitan), elle fut le symbole du Comté de Toulouse à compter du XIème siècle et devint attaché à la ville, au point qu’on la nomme parfois Croix de Toulouse. Cette croix orne depuis 1211 une clé de voûte de la nef de la Cathédrale Saint-Étienne de Toulouse. Les couleurs auraient été données par le Comte Raymond V de Toulouse en s’inspirant des quatre pals du Royaume d’Aragon.

Se débattant pour se maintenir en seconde division, le TFC reçut finalement le soutien financier de la Municipalité en 1978. Le club s’assimila alors encore plus à la ville. Il prit pour nom TFC en 1979 et changea de couleur pour le violet. Connue pour ses briques de terre cuite qui donnent des bâtiments au teinte rose, Toulouse est souvent surnommée « la ville rose ». Avant d’être démocratisée par le Stade Français, cette couleur était assez peu familière dans le football, sport « viril » qui pensait que cette teinte s’apparentait certainement trop au sexe féminin. Résultat, la direction bascula vers un autre surnom de la cité, « la cité des violettes ». Le Consistori del Gay Saber (Consistoire du Gai Savoir), une académie poétique fondée à Toulouse en 1323, récompensait ses lauréats par une violette d’or. Au XVIIème siècle, le poète occitan, Pierre Goudouli, dans son oeuvre maitresse « Ramelet Moundi » écrivait « Violette/Petite/Toujours odorante/Honneur de Toulouse ». Mais, ce fut au milieu du XIXème siècle que la fleur au parfum sucré prit de l’importance à Toulouse. Selon la légende, elle aurait été ramenée par un soldat de Napoléon III après une campagne en Italie (à Parme) pour l’offrir à son amoureuse habitant à Saint-Jory. La production de la violette de Toulouse s’étira alors sur un siècle et fit vivre plus de 600 producteurs, répartis sur une vingtaine d’hectares au Nord de Toulouse. Vendue sur le marché aux violettes des Jacobins, la plante s’exportait alors partout en Europe et jusqu’au Maroc ou au Québec. Jusqu’à 600 000 bouquets étaient expédiés dans des boîtes cartonnées. Mais, la fleur ne résista pas au rigoureux hiver 1956 et les producteurs disparurent les uns après les autres. Toutefois, elle devint un symbole de la ville. Chaque année, début février, la ville de Toulouse organise la Fête de la Violette, la place du Capitole se parant alors de la fleur sous toutes ses formes. Les serres municipales en présentent près de 100 variétés. Une douceur connue sous le nom de Violette de Toulouse est constituée d’une violette cristallisée dans le sucre depuis 1900. En outre, une liqueur de violette est également réalisée dans la région à partir des racines de la plante. Enfin, avec son odeur caractéristique, de nombreux produits cosmétiques (bougies, pots-pourris, savons et parfums) sont produits à Toulouse.

#942 – Auckland City FC : the Navy Blues

Les bleus marines. En 2004, un nouveau championnat néo-zélandais, dénommé New Zealand Football Championship (NZFC), vit le jour en remplacement de la National Soccer League, avec un système fermé de franchises. Ainsi, huit nouvelles franchises furent créer en substitution des clubs traditionnels. Pour faciliter l’attachement des fans à ses nouvelles marques, les clubs choisirent des couleurs uniques et en lien avec leur territoire. Ainsi, Auckland City opta pour le bleu, couleur traditionnelle de la cité du Nord du pays. D’ailleurs, la franchise de Rugby à XV d’Auckland, fondée en 1996, s’appelle tout simplement Blues. Normalement, le bleu traditionnel tire plus vers le bleu clair mais, en observant l’écusson du club, on comprend que le bleu marine représente aussi le lien de la cité avec la mer.

Grande ville métropolitaine de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande, Auckland baigne entre deux eaux, colonisant l’isthme qui relie la Péninsule de Northland au reste de l’île du Nord. D’un côté le Golfe de Hauraki qui s’ouvre sur l’Océan Pacifique. De l’autre, la Mer de Tasman. Avec cette exposition, la ville se tourna naturellement vers les activités maritimes, au point d’avoir deux ports. Au Nord, le port de Waitematā qui s’étend à l’Est jusqu’au Golfe de Hauraki. Au Sud, le port de Manukau qui s’ouvre à l’Ouest sur la Mer de Tasman. Le port de Waitematā (Waitematā Harbour) est l’infrastructure portuaire principale de la ville et est donc souvent simplifié en Port of Auckland. S’étendant sur 55 hectares, il constitue le plus grand port commercial de la Nouvelle-Zélande, manipulant pour plus de 20 milliards de dollars néo-zélandais de marchandises par an. Le port d’Auckland gère le mouvement de 60 % des importations néo-zélandaises et de 40 % de ses exportations. 811 565 containers (équivalent 20 pieds) sont passés par le port en 2022. Le port de Manukau est le deuxième plus grand port naturel de Nouvelle-Zélande par sa superficie et concentre ses activités sur la pêche, la plaisance et les sports maritimes. Les deux ports sont gérés par la société publique Ports of Auckland. Les activités maritimes ont toujours constituées l’une des principales ressources de la ville. Au milieu du XIXème siècle, les colons commencèrent à bâtir un port et dès les années 1920, ce dernier devint le port principal de Nouvelle-Zélande. Selon des études économiques, 173 000 emplois dans la région d’Auckland dépendent du commerce via les ports, qui concentrent un tiers de l’économie locale. Le recensement de 2001 montra que 60 500 des 149 900 marins du pays vivaient dans la région d’Auckland. Résultat, depuis plus de 30 ans, la ville acquit le surnom de City of Sails.

#940 – RFC Seraing : les Métallos

S’il y a deux pays européens dont le football national a souffert ces 20 dernières années, ce sont la Roumanie et la Belgique. Nombre de clubs, notamment des historiques, s’évanouirent dans leurs gouffres financiers. Mais, leurs prestiges et une vie locale orpheline conduisirent à tenter de les ressusciter au travers de fusion, de rachat de licence et d’acquisition du nom/marque qui donna lieu à de nombreux imbroglios juridiques et à l’existence parallèle de club réclamant le même héritage. La ville de Seraing en est un exemple en Belgique. Le club historique naquit entre 1900 et 1904 et obtint le matricule 17 lorsque la fédération tint son registre officielle. Après une première faillite en 1984, le club fut abandonné par son président en 1996 qui le « céda » à son voisin du Standard de Liège. Un autre club, Royale Union Liégeoise (matricule 23), profita du vide pour s’installer à Seraing et endosser l’héritage du précédent club, avec la bénédiction de la municipalité. Toutefois, en 2014, le club de Seraing se fit une nouvelle fois absorbé par une union de 3 autres clubs de la région, entérinant une nouvelle fois la disparition du football à Seraing. Dans la ville de Boussu, le club local était en difficulté financière et se trouva en 2014 racheté par le propriétaire du FC Metz. Voyant le club de Seraing disparaître, le club de Boussu (matricule 167) s’exila alors à Seraing pour occuper la place vacante et bénéficier de l’aura des précédents clubs. Après quelques changements de nom et quelques débats avec la fédération, il récupéra le nom du RFC Seraing. Mais, même s’il s’appropria de nombreux attributs (nom, couleurs, surnom), les supporteurs historiques ne lui reconnaissent pas l’héritage de l’ancien RFC. Toujours club satellite du FC Metz, le RFC Seraing a retrouvé cette année le chemin de l’élite belge et peut-être retrouvé tous ses supporteurs.

Située sur la Meuse, en amont de Liège, la cité Seraing est synonyme en Belgique de fumée d’usines, de mines et de classes ouvrières. Au début du XIXème siècle, Seraing était une modeste bourgade de moins de deux mille habitants, principalement tournée vers l’Agriculture mais également l’extraction de houille. Or, cette ressource abondante, qui donnait l’énergie ainsi qu’un minerai appelé coke, essentielle dans la métallurgie, la présence de minerai de fer, couplée avec une voie de circulation, la Meuse, et une population connaissant le travail de la mine et de la métallurgie depuis des siècles, transformèrent le paysage et l’économie local. En 1809, la Fabrique de Fer d’Ougrée, une métallurgie, ouvrit et plusieurs mines, allant au delà de l’extraction en surface, débutèrent leur exploitation. Mais, ce fut surtout l’installation, en 1817, de deux frères britanniques, John et Charles-James Cockerill, qui révolutionna Seraing et ses alentours. Ils commencèrent par ouvrir, dans le le château de Seraing, l’ancienne résidence d’été des princes-évêques de Liège, un atelier où ils construisaient des machines à vapeur. Ayant un schéma industriel intégré, ils fabriquaient également leur propre fonte et fer. Puis, un haut-fourneau à coke, le premier du genre en Belgique, fut mis à feu en 1826. Cockerill y ajouta des fonderies, forges, laminoirs et ateliers de construction mécanique ainsi qu’une filature. Dans son sillon, d’autres s’établirent comme le Charbonnage de Marihaye (à Ougrée, Espérance et Six-Bonniers), des entreprises métallurgiques (l’Espérance, la Fonderie Quiriny-Goreux et la Fabrique de Fer d’Ougrée), ainsi que la cristallerie du Val-Saint-Lambert. La région croqua alors à pleine dent dans la Révolution Industrielle, faisant de la Belgique la deuxième puissance économique du monde, derrière le Royaume-Uni au milieu du XIXème siècle. Jusqu’à l’aube de la Première Guerre Mondiale, la région demeura un des cœurs industriels de l’Europe, grand producteur de fer, d’acier et de verre. Les 21 hauts-fourneaux produisaient près de 40 % de la production belge d’acier en 1914. Après avoir été démantelée durant le conflit par l’occupant allemand, l’outil industriel belge fut reconstruit et jusqu’à la crise énergétique des années 1970, développa encore sa production. Malgré un regain dans les années 1980, les mines et les usines métallurgiques licencièrent puis fermèrent face à la concurrence asiatique. Aujourd’hui, la production d’houille, de fer et d’acier est nulle. Néanmoins, pendant plus d’un siècle, la région viva au rythme de cette activité. Au fil des installations et du développement des usines, la ville de Seraing attira une population ouvrière nombreuse. En 1846, Seraing comptait 10 000 habitants, en 1868, le double et en 1883, le triple. En 1825, 800 ouvriers travaillaient pour Cockerill et dès l’année suivante son nombre d’employés doublait. En 1840, il était estimé que sept ou huit mille personnes dépendaient de ces ateliers. Puis, de 1842 à 1913, le nombre d’ouvriers travaillant pour Cockerill était quasiment multiplié par 5, pour atteindre 10 427 ouvriers. De 1850 à 1899, le nombre de mineurs passait de 3 000 à près de 5 000. Puis, l’immigration italienne, portugaise et polonaise fournit les bras manquant au développement de l’industrie. A la veille de la crise énergétique de 1973, le nombre de travailleurs étaient de 20 000. Autant dire que nombre de familles dépendaient des activités minières et métallurgiques. Naturellement, les luttes ouvrières furent aussi fortes dans le bassin. Enfin, au bord de la Meuse, les usines et les maisons des ouvriers s’installèrent côte à côte et encore aujourd’hui, les deux sont inextricables. Seraing était donc connu comme la ville du fer et ses habitants y étaient viscéralement attachés.

#934 – NK Radomlje : Mlinarji

Les meuniers. Radomlje est une petite ville slovène de 1 500 habitants, située à proximité de Domžale, banlieue de la capitale Ljubljana. Autant dire que généralement, dans une si petite commune, les associations sportives sont limitées et évoluent dans les ligues régionales au mieux. Pourtant, la première ligue slovène accueille le NK Radomlje, le club de cette petite ville. Depuis 50 ans (le club fut fondé en 1972), le club de football est pratiquement la seule association sportive de Radomlje avec une si longue histoire et surtout il fait la fierté de la cité.

Le surnom du club provient de ses supporteurs. Ce n’est pas les supporteurs qui attribuèrent ce surnom au club mais le club qui s’appropria le nom de son association de supporteurs. Connu sous le nom de FC Mlinar (FC Meunier), l’association de supporteurs, la première du nom, naquit le 24 avril 2009, lors d’un match à l’extérieur contre Dob, considéré comme le plus grand derby de la région. Selon son leader, Matic Gorza, le nom du groupe de fans est étroitement lié à l’histoire économique de la ville « Sprva je bil Radomelje, šest ali sedem mlinov je bilo včasih v kraju. Zato je kar logično, da smo Mlinarji, pa še izvirno je, in hitro gre v uho » (Au début, à Radomelje, il y avait six ou sept moulins dans la ville. Il est donc logique que nous soyons les meuniers, et c’est original, et ça accroche vite l’oreille). Radomelje fut un lieu connu pour ses tavernes et surtout pour ses nombreux moulins à eau. La ville fut mentionnée pour la première fois en 1353 et, pour certains, son nom proviendrait de la présence de moulins. Le nom serait tiré de l’expression rado melje, signifiant « il aime moudre ». Néanmoins, la présence de moulins à cette époque demeure peu probable (elle est attestée seulement au XVème siècle). Le nom du lieu dériverait alors du nom de personne slave Rado(m). Toutefois, la minoterie fut une activité importante de la région. La cité est traversée par l’affluent Kamniška Bistrica et le ruisseau artificiel Mlinščica mais d’autres cours d’eau furent également aménagés pour les moulins. A son apogée, on compta près d’une trentaine de moulins le long du Kamniška Bistrica et plus d’une dizaine autour de Radomlje spécifiquement. Les meuniers, en particulier au tournant des XIXème et XXème siècles, étaient des villageois très influents et respectés. Après la Seconde Guerre mondiale, la plupart des minoterie furent nationalisées. Aujourd’hui, il est possible d’apercevoir les vestiges de deux moulins, les moulins de Kovačko et de Jašoč, Un seul moulin du nom de Kraljevega mlina (Moulin royal) demeure en activité, qui démarra en 1872.

#930 – CSM Jiul Petroşani : Minerii

Les mineurs. Petroşani est une ville du comté de Hunedoara, en Transylvanie, au sud ouest du pays. Elle est surtout située dans la vallée de la Jiu qui fut connu pendant longtemps comme le plus grand bassin houiller de Roumanie. Entourée par les chaînes montagneuses Retezat et Parâng, qui constituaient une barrière naturelle, cette vallée fut naturellement longtemps isolée du reste du pays et donc faiblement peuplée. Au milieu du XIXème siècle, cette région particulièrement riche en ressources naturelles, surtout du charbon et de la lignite, attira les convoitises des entrepreneurs, encouragés par la révolution industrielle. L’Empire Austro-Hongrois élabora une législation favorable à l’exploitation minière (loi générale sur les mines du 23 mai 1854) et les premières mines apparaissaient alors. Pour les 150 années suivantes, cette activité minière va stimuler le développement économique et culturel de la région et complétement la transformer. Provenant de tout l’Empire, les mineurs s’installèrent dans les villes nouvelles, dont Petroşani,et firent grimper la population de la vallée, passant de 6 670 habitants en 1854 à 50 015 en 1910. La découverte de plusieurs gisements de houille ainsi que le progrès technique conduisirent à la création d’un complexe industriel moderne. La production de charbon explosa de 853 tonnes en 1868 à 2 229 850 tonnes à la veille de la Première Guerre Mondiale. Jusqu’en 1948, les mines relevaient d’exploitation privée puis, avec l’avènement des communistes, le secteur passa dans le giron public. Les différents gouvernements communistes axèrent les activités roumaines vers des industries lourdes, consommatrices de charbon. Les mines de la vallée de la Jiu fonctionnaient alors à plein régime et en 1979, le nombre de mineurs atteignait 179 000. Les mineurs faisaient alors parti des travailleurs « privilégiés » du régime. A la chute du communisme en 1989, il y avait encore 50 000 mineurs. Le changement de régime et la faible productivité de ces mines furent fatals à l’activité de la vallée. Après la révolution de décembre 1989, le gouvernement roumain maintint la politique de Ceausescu consistant à subventionner l’industrie minière déficitaire. Toutefois, sans entamer les réformes nécessaires pour améliorer la productivité des mines, cette politique ruina les finances publiques et en 1999, le gouvernement entama la fermeture des activités économiques déficitaires. Le nombre de mineurs diminua à 20 000 en 2000. Pourtant, à la fin des années 1990, 80 % de la main-d’œuvre de la vallée dépendait encore des mines. En 1990, 15 mines étaient en activité. 8 furent fermées entre 1994 et 2015 et il n’en reste que 4 en activité aujourd’hui qui assurent 12% de l’approvisionnement en charbon de la Roumanie.

Le secteur minier, principal moteur de l’économie, fut donc structurant pour la région et régit toutes les activités des populations locales. A l’été 1919, alors que le football commençait à s’installer dans la vallée du Jiu, des matchs se déroulaient sur l’emplacement actuel de la mine Dâlja. Dans la foulée, Ion Winklehner, directeur général des mines de Societății Petroșani, organisa la création du club, alors connu sous le nom de Clubul Atletic al Minelor Petroșani (Club Athlétique des Mineurs de Petroșani). Le surnom de minerii apparut particulièrement dans les années 1950 quand les surnoms fleurissaient pour toutes les équipes.

#928 – FK Inter Bratislava : žlto-čierni

Les jaune et noir. Même si le rouge apparaît sur le blason du club, le jaune et le noir sont les deux principales couleurs qui s’imposent sur le maillot de la formation. Evoluant en 3ème division aujourd’hui, l’Inter Bratislava est un important club de football slovaque avec une riche tradition, qui au tournant du millénaire réalisa deux doublés consécutifs (Championnat slovaque et Coupe nationale en 2000 et 2001). Le club revendique un titre de champion de Tchécoslovaquie (saison 1958-1959) qui fut remporté par le CH Bratislava, club qui l’absorba en 1962. Toutefois, malgré les débats, il est communément admis que l’Inter n’a pas hérité de ce titre et que le successeur du CH Bratislava est un autre club. Il n’empêche qu’entre 1962 et 1993, le club évolua 29 saisons sur 31 dans la Première Ligue tchécoslovaque, terminant même deux fois 2ème dans les années 1970. A l’issue de la saison 2008-2009, l’Inter Bratislava remporta la seconde division et devait être promu dans l’élite slovaque. Cependant, les problèmes financiers du club conduisirent son propriétaire Lubomír Chrenko à vendre la licence de l’Inter au FK Senica en juin 2009. L’équipe professionnelle de l’Inter disparut et le club repartit dans les divisions régionales.

Le club fut fondé en juillet 1940 sous le nom de ŠK Apollo Bratislava. Les créateurs ne furent pas inspirés par la mythologie grecque, Apollo faisant en réalité référence à l’entreprise qui soutint sa création. Créée en 1895, à l’aube de l’ère de l’automobile, la société Apollo exploitait la raffinerie de Bratislava qui produisait, au bord du Danube, de l’essence, de la ligroïne (white spirit), de la cérésine, des bougies, mais aussi de la glace artificielle et diverses graisses lubrifiantes. Sa capacité de traitement était de 30 000 tonnes de pétrole brut, qui provenait du Caucase et de Galicie polonaise, mais aussi de Roumanie, du Texas et de divers gisements de l’URSS. L’usine plaça Bratislava parmi les principaux centres de traitement du pétrole d’Europe centrale et, à son apogée, dans l’entre-deux-guerres, l’entreprise possédait des champs pétrolifères et un réseau de stations-service. Mais, avec l’invasion nazie, les capacités d’Appolo tombèrent aux mains du conglomérat chimique allemand, IG Farben, malheureusement célèbre pour avoir fourni les camps de la mort en zyklon-B et avoir profité de leurs mains d’oeuvre. En 1944, les raids aériens américains ciblèrent l’usine qui fut détruite à 80%. Même si elle reprit sa production en 1945, l’entreprise cessa ses activités en 1963. En parallèle, au début des années 1950, le gouvernement tchécoslovaque décida de construire une nouvelle raffinerie pour remplacer Apollo. En 1957, la première unité de production de la nouvelle raffinerie appelée Slovnaft fut mise en service. Aujourd’hui, Slovnaft, qui a été racheté par le groupe hongrois MOL, peut traiter 5,5 à 6 millions de tonnes de pétrole et représente 65% des ventes de carburants en Slovaquie. Il exploite 253 stations-service en Slovaquie, soit 29% du parc national.

La production pétrolière et pétrochimique passant d’Appolo à Slovnaft définitivement au début des années 1960, le club fit de même. En 1962 ou 1963, le club semble avoir fusionné avec des clubs appartenant à Slovnaft et devint une filiale du nouveau géant pétrolier slovaque. Evoluant probablement en rouge avant, la direction de l’Inter ajouta certainement au moment de la fusion les couleurs jaune et noir de Slovnaft. L’équipe évolue avec des maillots jaune et noir, sur lequel le nom de Slovnaft s’étala durant de longues années comme sponsor principal.

#925 – Stade de Reims : les Rouge et Blanc

Le club phare français des années 1950 et 1960 s’équipe d’un maillot mythique rouge et blanc, similaire à celui d’Arsenal, qui égaya la coupe d’Europe bien avant l’arrivée du club londonien. Pourtant, ces couleurs ne furent pas toujours celles des rémois. Si le club fut officiellement fondé le 18 juin 1931, il puise naturellement ses racines dans les bulles de Champagne. Le philanthrope, Marie Charles Jean Melchior de Polignac, petit-fils de la Veuve Pommery, était président des caves Pommery et Greno depuis 1907. Passionné de sports et soucieux de communiquer un exutoire à ses ouvriers, qui souffraient notamment d’alcoolisme, il décida la construction d’un centre sportif, connu sous le nom de Parc Pommery. Couvrant une superficie de 22 hectares, il accueillait, à partir de 1910, dans un décor représentant les dieux du stade, des pistes de courses, de sauts, de lancer, des terrains de tennis, de hockey, de football, de base-ball, de jeu de paume, une piscine et un vélodrome. Outre cette infrastructure, la maison de champagne créa le 29 septembre 1910 la Société Sportive du Parc Pommery (SSPP). Ses membres pratiquent le football, la marche, la gymnastique, le rugby, l’athlétisme et le cyclisme. Les joueurs portaient alors un short vert et un maillot doré, rappelant les couleurs du champagne. Outil humaniste, le club se transforma au fil des années en un vecteur de communication de l’entreprise Pommery et Greno. Il bénéficiait alors du soutien financier de sa maison mère, ce qui lui permettait de recruter et de rémunérer des sportifs (via des emplois au sein de la maison de champagne), afin de dominer les championnats régionaux. A la fin des années 1920, la section football commença à enregistrer des résultats et à monter les échelons.

La direction de Pommery et Greno décida alors de préparer la structure à l’arrivée du professionnalisme en l’autonomisant des autres sections sportives du SSPP et de la maison de Champagne. D’un club corporatiste, il devint un outil de promotion de la ville de Reims et, le 18 juin 1931, la nouvelle entité prit le nom de Stade de Reims. Les tenues dorées et vertes paraissaient un peu pale sur le terrain et la direction opta pour des nouvelles, plus vives, reconnaissables, tango et noir (maillot tango avec un scapulaire noir et short noir). Renforcé par des joueurs et entraineurs étrangers et doté d’un nouveau stade, le club continua son évolution en atteignant la seconde division en 1935. Désormais, officiellement professionnel, le Stade de Reims peina à s’imposer dans l’antichambre de l’élite, terminant à l’avant dernière place lors de la saison 1936-1937. Pour donner un nouvel élan, il fut décidé d’unir ses forces avec celles de son rival local, le Sporting Club Rémois, fondé en 1904 et tout récent vainqueur du champion du Nord-Est (1938). Ce dernier aspirait aussi au professionnalisme mais ces demandes auprès de la fédération avaient été rejetées. La fédération estimait qu’une ville de 100 000 habitants comme Reims ne pouvait pas disposer de deux clubs professionnels. Pour lui aussi, la fusion apparaissait donc comme la seule solution. Créée en 1938, la nouvelle formation garda le nom du Stade de Reims mais adopta les couleurs rouge et blanche du Sporting. Malheureusement, il n’existe pas de document permettant d’expliquer pourquoi le Sporting évoluait dans ces couleurs. En tout cas, elles ne furent jamais remises en question pour le nouveau Stade de Reims.

En 2010 (avec Kappa) et en 2020 (avec Umbro), le marketing rencontra la tradition et des éditions spéciales du maillot de l’équipe redevinrent tango avec un scapulaire noir. A savoir aussi qu’il existe actuellement un club de rugby, fondé en 1904, dénommé Stade de Reims et évoluant en tango et noir. Est-ce le fruit du hasard car je n’ai pas trouvé de lien avec le club de football ?

#919 – Unión Magdalena : el Ciclón Bananero

Le cyclone bananier. Ce club réside dans la ville de Santa Marta, capitale du département de Magdalena, et réussit l’exploit en 1968 à remporter le championnat colombien, une première pour une équipe de ce département. Ville côtière au Nord-Est du pays, Santa-Marta baigne dans la Mer des Caraïbes et connaît un climat tropical. De par cette situation, la cité enregistre aussi des vents importants et réguliers (notamment les alizées de nord-est), qui inspirèrent la première partie du surnom du club, ciclón.

L’économie du département de Magdalena est plus agricole que la Colombie dans son ensemble (le secteur agricole contribue à hauteur de 20% du PIB départemental contre 9 % au niveau national) et dans ce secteur, la banane occupe une place exceptionnelle, tant par la surface cultivée, le nombre d’emploi et la génération de revenus. Les bananes sont le principal moteur de l’économie et produit d’exportation du département de Magdalena depuis les premières années du XXème siècle. La première exploitation de bananes débuta en 1887 avec des hommes d’affaires colombiens. La culture de la banane se développa et prévalut sur les autres cultures en raison de divers facteurs: ce n’était pas intensif en capital, les rendements étaient plus rapides (la maturité est de sept mois pour la banane contre 3 ou 4 ans pour le café) et ne nécessitait aucun processus de transformation comme la canne à sucre. Rapidement, des capitaux étrangers investirent dans la région. En 1899, plusieurs sociétés étrangères se réunirent pour former une nouvelle compagnie sous le nom de United Fruit Company (UFC), avec pour objectif de concentrer et gérer l’activité bananière en Amérique centrale et dans le bassin des Caraïbes. Pendant des décennies, UFC contrôla le commerce de la banane dans cette zone et à destination des Etats-Unis. Dans les années 1960, UFC se retira du département de Magdalena pour investir dans d’autres régions. L’économie de Magdalena en souffrit mais la culture de la banane demeure aujourd’hui encore un pilier. Avec 47,1% de la production, la banane représente de loin la première culture du département (suivi par le manioc 20,6% et le palmier à huile 15,9%). Magdalena est le deuxième producteur national de bananes destinées à l’exportation en Colombie après Antioquia, avec une part de 30 % de la production nationale. Pour l’année 2019, la superficie plantée en bananes dans la zone de Magdalena était de près de 17 000 hectares et la productivité moyenne pour cette même année était de 2 155 caisses (environ 20 kg) par hectare. La production de bananes dans la région représente un peu plus de 20 000 emplois directs et environ 45 000 emplois indirects et se situe dans 800 propriétés, réparties sur 6 communes. Au niveau mondial, en 2020, la banane demeurait encore le fruit le plus exporté, avec 21,4 millions de tonnes (soit plus du double de celui de la pomme (7,6 millions de tonnes), second fruit le plus vendu au monde), soit environ 30 % du commerce global de fruits. Les exportations de bananes sont dominées par l’Equateur (380 millions de boîtes en 2021) et les autres principaux pays étaient les Philippines (entre 140 et 160 millions de caisses de bananes), le Guatemala (près de 130 millions de caisse) puis le Costa-Rica (près de 120 millions de caisse). La Colombie, qui était le 3ème exportateur mondial en 2011 (avec 1,7 millions de tonne), occupait en 2021 la 5ème place, avec 110 millions de caisse. A noter que trois des cinq principaux producteurs mondiaux de bananes – l’Inde, la Chine et le Brésil – produisent presque exclusivement pour leurs marchés nationaux.

#917 – Leixões SC : os Bébés do Mar

Les bébés de la mer. Résidant dans la ville de Matosinhos, Leixões est un club omnisports fondé le 28 novembre 1907, l’un des plus vieux du Portugal. Son surnom se compose de deux aspects : les bébés d’un côté et la mer de l’autre. Commençons par la mer. Située face à l’Océan Atlantique et au nord de Porto, Matosinhos offrait un terrain favorable aux activités maritimes. En effet, sur une côte souvent tourmentée par les tempêtes et le brouillard, la crique de Leixões constituait un refuge idéal pour les marins, dès l’antiquité romaine. En 1812, le marin et homme politique portugais, Marino Miguel Franzini écrivait alors à propos de Leixões « talvez seja este o único ponto desta costa que oferece algum abrigo às embarcações acossadas pela travessia » (c’est peut-être le seul point de cette côte qui offre quelque abri aux navires harcelés par la traversée). Ainsi, les activités portuaires se développèrent rapidement et à la fin du XIXème siècle, un port moderne émergea à l’embouchure de la rivière Leça (Les travaux de construction commencèrent le 13 juillet 1884, furent dirigés par l’ingénieur français Wiriot et se terminèrent en février 1895). Plus grand port artificiel du Portugal, il est le débouché maritime naturel pour la production industrielle du grand Porto. Dénommé Porto de Leixões, 25% du commerce international portugais transitent par ses 5 kilomètres de quai, pour environ deux mille cinq cent navires, plus de 400 000 containers et 16 millions de tonnes de marchandises par an. Leixões est l’un des ports les plus compétitifs et polyvalents du pays. Egalement port de croisière, avant le Covid, il accueillait près de 100 000 voyageurs pour une centaine de navires. Naturellement portée vers la mer, l’économie de Matosinhos repose également sur les activités de pêche.

Les bébés rappellent une formidable épopée d’une bande de « gamins » qui représentèrent brillamment Leixões et ramenèrent le seul trophée de la section football. Club à faible moyen, Leixões s’attacha à former des jeunes pour renforcer l’équipe première. Au début des années 1960, des jeunes nés à Matosinhos et formés à Leixões comme Raul Machado et Jacinto Santos intégrèrent l’équipe première. A l’issue de la saison 1959-1960, Leixões monta en première division portugaise. En 1961, l’équipe réalisa un formidable parcours en Coupe du Portugal. Après avoir éliminé en demi-finale, le tenant du titre, Belenenses, Leixões devait affronter en finale ses voisins et rivaux du FC Porto. Match totalement contrasté entre le puissant Porto (déjà vainqueur de 5 championnats et 2 coupes nationals) et le petit club de banlieue, ce déséquilibre était accentué par le lieu de la finale. Comme usuellement, elle devait se dérouler à l’Estádio Nacional, à Lisbonne mais le FC Porto, arguant que les deux clubs étaient de la région de Porto, la fit délocaliser dans son antre, l’Estádio das Antas. La légende raconte qu’à la veille du match, les joueurs du FC Porto portaient un toast en l’honneur de la conquête d’un futur trophée et que les moins prévoyants s’endettaient en prévision du probable pari remporté. Pire, le périodique « Norte Desportivo » lançait en avance le tirage du journal en titrant sur la victoire du FC Porto. Mais, à la surprise générale, Leixões tint tête au FC Porto et, en seconde période, en l’espace de deux minutes, marqua deux buts par l’intermédiaire de Silva et Oliveirinha. Leixões remportait son premier et unique trophée. L’année suivante, le club atteignit les quart-de-finale de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe. Les joueurs de Leixões furent alors surnommés par le journaliste Alfredo Farinha, os bébés do mar. Cette génération marqua le début de la politique de Leixões qui en fit l’un des bastions de la formation des joueurs au Portugal. De ses rangs sortirent des joueurs tels que Chico Faria, Jacinto, Folha, Fonseca, Tibi, Tozé.

#916 – Widzew Łódź : Władcy Miasta Włókniarzy

Les seigneurs de la ville des travailleurs du textile. 3ème ville de Pologne avec près de 700 000 habitants, Łódź n’était pourtant au début du XIXème siècle qu’une très petite bourgade. Intégré à la Prusse, le village ne comptait que 190 habitants et seulement 44 maisons, toutes les constructions étant en bois et aucune route goudronnée. Mais, elle connut un formidable boom économique au cours du XIXème siècle qui conduisit à sa position actuelle. Avec le congrès de Vienne en 1815, la Pologne semblait bénéficier d’une autonomie sous le nom de Royaume du Congrès, qui en réalité était sous tutelle russe. Néanmoins, les autorités polonaises, soutenues par le Tsar, engagèrent un plan ambitieux de développement de grands centres industriels à travers le pays. Łódź ne possédait pas de ressources minières qui auraient pu soutenir une industrie métallurgique. En revanche, sa région fut un centre important au XVII-XVIIIème de l’industrie drapière et une culture de lin et de laine existait. Ainsi, les autorités décidèrent la création d’un pôle textile dans une ville nouvelle proche de Łódź, Nowe Miasto (Nouvelle Ville). Le Tsar donna des titres de propriétés sur des terrains à des nouveaux migrants pour qu’ils construisent des usines et leur accorda également des privilèges telles que des exonérations fiscales, la gratuité des matériaux de construction ou l’exemption du service militaire. A compter des années 1820, des immigrants allemands qui étaient tisserands, filateurs et teinturiers, s’installèrent à Łódź et débutèrent l’exploitation de ce pôle textile. La guilde des drapiers fut fondée en 1825 et un an plus tard, la première usine textile fut construite par Christian Friedrich Wendisch. Outre le lin et la laine, le coton fut de loin la première ressource de cette industrie et la Russie ainsi que l’Extrême-Orient constituèrent d’importantes débouchés pour la production. Le développement de la ville fut intensif et l’apogée de l’industrie textile s’étala entre 1870 et 1910. La production de coton s’appuyait alors sur 41 000 ouvriers et 22 métiers à tisser, soit plus de 10% des métiers de tout l’Empire Russe. En 1904, il y avait 546 usines dans la ville employant 70 000 ouvriers, principalement dans l’industrie textile. Des empires industriels se constituèrent, dont les principaux étaient possédés par Ludwik Geyer, Izrael Poznański, Karol Scheibler et Ludwik Grohman. La population suivit se développement exponentiel. En 1865, la ville comptait 40 000 habitants. Puis, 314 000 en 1897. Enfin, 630 000 en 1915. La ville devint alors la plus densément peuplée au monde (13 200 habitants au km2). La Première Guerre mondiale cassa cette dynamique. Dans l’entre-deux guerre, la Russie n’était plus une débouchée possible et le seule marché intérieur polonais ne suffisait pas à absorber la production de Łódź. En 1929, 32 grands établissements abritaient chacun près de 5 000 ouvriers. En 1936, Łódź comptait 1 946 usines textiles et 106 800 employés, faisant de la ville la plus grande concentration d’ouvriers du textile. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Etat communiste conserva cet outil industriel mais attendit les années 1970 pour le moderniser. Toutefois, les pays du bloc de l’Est, dont l’URSS, étaient de nouveaux des terrains d’exportation. En 1950, 120 000 ouvriers travaillaient dans le secteur du textile et dans les années 1970, la production s’étalait dans 23 communes voisines de Łódź pour 275 600 ouvriers en 1975. En 1980, cette région fournissait 46,6% des tissus en coton, 46,1% des tissues en laine et 33% de la soie de la production polonaise. Néanmoins, le déclin s’amorça et d’autres industries prirent le relais. L’industrie textile ne survécut pas à la période de transition économique des années 1990 en Pologne après la chute du communisme. Le renouveau de l’économie polonaise permit une renaissance de l’industrie textile de Łódź. Si, aujourd’hui, elle ne constitue plus la puissance de Łódź, elle demeure un pan important de son économie. L’histoire particulière de la ville qui connut un développement important avec la révolution industrielle, puis un fort déclin avant de renaître avec des industries technologiques, amena à surnommer la ville la Manchester de Pologne.