L’équipage. En 1996, lors de la création de la ligue professionnelle américaine, la MLS, la ville Colombus fut la première à remplir les conditions d’admission, en parvenant notamment à pré-vendre plus de 10 000 abonnements. Le jour où l’équipe commerciale parvint à atteindre ce seuil, une eclipse avait lieu. Résultat, la première idée fut de nommer l’équipe, Colombus Eclipse. Mais, si le pré-vente fut un succès, le choix du nom fut moins bien reçu. Pas d’entêtement du côté de la direction qui lança un sondage pour trouver un nouveau nom. Parmi les propositions, Crew l’emporta. Ce terme devait représenter le passé industriels de la ville. À la fin du XIXème siècle, Columbus abritait plusieurs grandes entreprises manufacturières accompagnées de son lot de col bleu. Elle comptait notamment de nombreux fabricants de chariots et calèches ainsi que d’usines sidérurgiques. Crew était donc ces équipes d’ouvriers qui tournaient dans les usines. D’ailleurs, le premier blason du club montrait 3 hommes avec un casque d’ouvriers. Toutefois, avec les années, le visage de la ville changea et aujourd’hui, devenue 10ème ville américaine, son activité économique est diversifiée et basée sur la finance, la mode, la défense, l’aviation, l’agro-alimentaire, la logistique, le médicale et les technologies. En outre, elle est devenue une ville étduiant avec le campus de l’université d’État de l’Ohio, l’un des principaux des Etats-Unis de par le nombre d’étudiants (plus de 60 000). A chaque changement d’actionnaire, la nouvelle direction du club souhaitait s’adapter à la métamorphose de la ville en modifiant également l’image du club (dont le blason voire même le nom). Mais, les supporteurs n’adhéraient jamais. Les équipes marketings se contentèrent donc de modifier le story telling autour du nom Crew. Il représente désormais la famille soudée des fans qui se réunissent pour partager une passion pour le club et le football.
Étiquette : Economie
#768 – Stoke City FC : the Potters
Les potiers. Grâce aux abondantes réserves d’argile de la région, de sel et de plomb pour l’émail et de charbon, pour alimenter les fours, Stoke-on-Trent est façonné par la production de poterie depuis des siècles et a gagné une réputation mondiale en la matière. La production artisanale de faïence et de grès remonte au moins au XVIIème siècle. En créant son entreprise en 1759, Josiah Wedgwood aida à passer la production locale à l’ère industrielle et avec d’autres potiers célèbres du Staffordshire, tels que Joseph Spode, Thomas Minton, la famille Wood et Thomas Whieldon, il contribua à rendre la région synonyme de céramique. La croissance fut également portée par l’ouverture, en 1777, du canal Grand Trunk (aujourd’hui le canal Trent et Mersey), qui offrait un débouché aux ports de Hull et de Liverpool afin de transporter les matières premières vers la ville et pour l’exportation de la marchandise. Au XIXème siècle, les 6 différents villages (Burslem, Fenton, Hanley, Longton, Stoke-upon-Trent et Tunstall), connus sous le nom de Potteries et qui plus tard donneront naissance à Stoke, étaient devenus des villes importantes, comptant près de 300 poteries. L’écrivain, Arnold Bennett (né à Hanley en 1867) coucha sur papier la vie quotidienne des potiers de la région. Aujourd’hui, bien qu’il ne reste qu’une usine et un four en fonction, Stoke-on-Trent est toujours le centre de l’industrie britannique de la céramique et est le plus grand producteur d’argile au monde.
#759 – US Cremonese : i Violini
Les violons. Cette instrument, si mélodieux et intense, est une invention finalement assez récente. Les premiers exemplaires apparurent au début du XVIème siècle dans la région de Milan, à Brescia ou à Crémone. Si le débat demeure ouvert entre les deux villes pour savoir où se situe le berceau du violon, l’instrument dans sa version moderne s’est affirmé à Crémone, faisant de la ville désormais la capitale mondiale du violon. Patrie d’illustres musiciens et compositeurs, tels que Claudio Monteverdi et Amilcare Ponchielli, la cité du nord de la Lombardie a une grande tradition dans l’art de la lutherie. Elle compta parmi ses habitant les plus importants luthiers du passé comme Amati Stradivari (dont les instruments sont appelés Stradivarius), Niccolò Amati et Andrea Guarneri del Gesù, qui se fournissaient en bois d’épicéa dans les forêts voisines des Alpes du sud de l’Italie. Evidemment, Monteverdi mit en avant l’instrument à corde dans ses oeuvres, dont son opéra le plus fameux « L’Orfeo » . Aujourd’hui, près de 150 ateliers de luthier perpétuent la tradition. La cité arbite également une école internationale de lutherie, un institut polytechnique du son, un laboratoire acoustique ainsi qu’un musée du violon, ouvert en 1893. Pour couronner le tout, le 5 décembre 2012 , l’UNESCO inscrit l’artisanat traditionnel du violon à Crémone parmi les patrimoines oraux et immatériels de l’humanité.
#749 – Lechia Gdańsk : Betony
Les bétonneurs. A la sortie de la Seconde Guerre Mondiale, la Pologne, comme d’autres pays occupés par les nazis, ressortit meurtrie. Outre les morts, les habitants retrouvèrent des villes grandement détruites et des infrastructures endommagées et inutilisables. Le nouveau régime communiste devait relancer au plus vite l’économie polonaise et reconstruire les villes. Le port de Gdańsk était essentiel dans ce plan pour exporter le charbon des mines polonaises ainsi que recevoir les aides de l’UNRRA (Administration des Nations unies pour le secours et la reconstruction). Ainsi, fut constitué le Biuro Odbudowy Portów (Bureau de reconstruction des ports) basé à Gdańsk et chargé de l’organisation et de la reconstruction de tous les ports maritimes polonais. Opérant de juin 1945 à décembre 1947, le BOP inventoria les besoins, élabora la conception des nouvelles infrastructures, dirigea les reconstructions et organisa l’exploitation des nouveaux ports. La reconstruction était une tâche colossale compte tenu de l’ampleur des destructions, les pénuries de matériaux, le manque et l’inexpérience de la main d’oeuvre ainsi que la pression des autorités. Le BOP se focalisa sur Gdańsk, principale débouchée sur la Mer Baltique, et dès le 15 Juillet 1945, le port retrouva une activitée. Au fil de l’année 1946 et de la multiplication des chantiers, BOP devint une entreprise importante, et dans un état sous domination soviétique, l’entreprise devait organiser la vie de ses employées. Ainsi, BOP réalisa la construction d’immeuble dont les appartements étaient destinés à ses ouvriers, gérait une cantine du personnel et encouragea la création d’un club de sports parmi ses travailleurs. Ainsi, naquit le 7 août 1945 le club qui s’appela à l’origine Klub Sportowy Biura Odbudowy Portów Baltia (club sportif du bureau de reconstruction du port de Baltia).
#747 – Deportes Quindío : los Cafeteros
Les caféiculteurs. Café semble être un synonyme de Colombie, tellement la culture du caféier est ancrée dans le pays et constitue son or noir. Par ailleurs, le café colombien est réputé dans le monde entier pour sa qualité et son goût délicieux. 500 à 600 000 cafeteros colombiens perpetuent cette tradition introduite lors de la colonisation espagnole au XVIIIème siècle. Avec sa forêt tropicale, alliant soleil, précipitation et climat doux, la Colombie présente la géographie idéale pour la culture difficile du café et produit plus de 12 millions de sacs (pesant 60 Kg) chaque année. Avec la concurrence des pays africains et du Vietnam, la Colombie se classe au 3ème rang mondial de la production de café, classement toujours dominé par le Brésil. Produisant uniquement de l’Arabica, la Colombie conserve sa 2ème place de producteur mondial pour ce type de café. La production du café a pesé jusqu’à 75% des revenus du pays dans les années 1920 et 1930 (la Colombie devenait en 1937 le 2ème plus grand exportateur au monde, avec près de 5 millions de sacs). En 2016, le café représentait 8,1% des exportations du pays (soit 2,45 milliards de dollar US), loin derrière le pétrole (32.5%) et le charbon (15%). Les plantations s’étirent sur les contreforts de la Cordillère des Andes. En particulier, une région localisée dans le centre-ouest du pays, regroupant les départements de Caldas, Risaralda, Quindío, l’Antioquia et de Tolima, concentrent la grande partie de la production. Elle est appelée l’eje cafetero (l’axe cafetier). Cette région représentait au début des années 1930 quasiment la moitié de la production nationale et en 2011, étant donné son importance dans l’économie colombienne et ses paysages caractéristiques, une partie de l’eje cafetero a été classée au patrimoine mondial. Au sein de cette région, le triangle constitué par les villes de Manizales, Pereira et Armenia se nomme el triángulo del Café (le triangle du café). Armenia, capitale du département de Quindio et ville de résidence du club, est l’un des principaux centres de la caféiculture colombienne. Le café a été à la base de l’économie de la ville et de son développement, Armenia fonctionnant comme un centre de collecte pour toute la production agricole des environs.
#737 – KF Teuta Durrës : Djemtë e Detit
Les garçons de la mer. Fondé le 29 janvier 1920, le nom du club changea régulièrement dans ses premières années pour définitivement se fixer en 1930. Il reprit le nom de Teuta, reine illyrienne de la tribu des Ardiaei, ayant vécu au IIIème siècle avant J.-C.. L’Illyrie correspond à l’Albanie antique. Favorisant les attaques sur les villes grècques et multipliant les actes de pirateries sur les navires romains, Teuta s’attira les foudres de Rome et perdit la première guerre illyrienne, rendant son royaume vassal de Rome. La ville de Duraz fut justement conquise par les Romains à l’issue de cette guerre et était stratégique pour eux car c’était leur porte d’entrée (via le port) pour les Balkans jusqu’à Byzance. Tout au long de son histoire, sa relation avec la mer fit la richesse de la ville. Aujourd’hui, deuxième cité d’Albanie après Tirana, Duraz demeure une ville portuaire, la principale même du pays (qui couvre environ 85% de l’import-export albanais de marchandises et la plus importante dans le transport maritime de passagers). Le tremblement de terre de 1926 conduisit à la reconstruction de la ville et surtout à donner la forme de son port actuel, d’une superficie totale de 1,4 km². Une activité de transport de passagers existent de par sa proximité avec les ports italiens. En plus, elle possède également un important chantier naval, spécialisé dans la réparation et la maintenance. Enfin, les différentes plages de la ville sont également une destination populaire pour de nombreux touristes étrangers et locaux.
#731 – Pohang Steelers : 강철전사
Guerrier d’acier. Au vue de son nom, steelers, ce surnom apparaît logique. Mais il est encore plus logique quand on connaît les origines du club. Fondé le 1er avril 1973, ce dernier était une association corporatiste d’un chaebol (les fameux conglomérats coréens) dénommé POSCO. Lors de la création du championnat coréen en 1983, il fut l’un des 5 membres fondateurs. Vainqueurs de 5 championnats et de 3 ligues des champions asiatiques, il demeure l’un des grands clubs du jeune football coréen. Mais, pour revenir au début, l’équipe fut montée par la volonté de Park Tae-joon, alors président de POhang iron and Steel COmpany dit POSCO. POSCO n’avait alors que 5 ans d’existence car, dans les années 1960, l’administration sud-coréenne considéra que le développement économique du pays passait par l’indépendance dans la production d’acier. En 1968, POSCO vit donc le jour avec le soutien financier du Japon et du gouvernement. POSCO concentra sa production pour alimenter les besoins des entreprises nationales avec de l’acier compétitif. La croissance du groupe accompagna le développement des chaebols coréens tels que Samsung ou Hyundai. A la fin des années 1980, elle était la 5ème plus grande entreprise sidérurgique au monde, avec une production annuelle approchant les 12 millions de tonnes. Aujourd’hui, POSCO demeure l’un des plus grands sidérurgistes mondiaux, 4ème producteur avec 42 000 millions de tonnes en 2015. Le club de football, qui appartient toujours à POSCO, a suivi le développement de l’entreprise. Initialement semi-professionnel , le club opta pour le statut professionel en 1984 et changea son nom en POSCO Dolphins. Un an plus tard, il fut renommé POSCO Atoms. Enfin, en 1997, le club adopta le nom de Pohang Steelers. Quelques soit le nom du club, son logo comme sa mascotte firent toujours référence au propriétaire du club, au steelers. Les mascottes sont Soedori et Soesooni, personnages mi-humains mi-robots avec un corps en acier, une tête qui symbolise les vagues bleues de la mer de Pohang, et une marque V sur le front, signe de victoire.
#728 – OC Khouribga : الفريق الفوسفاطي
L’équipe phosphate. Concentrant plus de 70% des réserves mondiales en phosphate (estimés en 2016 à 50 millions de kT), le Maroc est le principal producteur mondial (30 000 kT en 2016) de cet élément essentiel pour la nutrition des plantes et des animaux. La majeure partie du phosphore est consommée en tant que composant principal des engrais azotés-phosphorés-potassiques utilisés sur les cultures vivrières dans le monde entier. La production au Maroc se concentre sur le bassin de Khouribga, le gisement de phosphate le plus riche du monde (avec des réserves de 37,3 milliards de m³ et représentant 65% de la production annuelle du royaume chérifien). Le 7 août 1920, l’Office chérifien des phosphates (qui deviendra OCP) fut créé en vue de commencer l’exploitation de la mine de Khouribga en 1921. Khouribga était une petite ville et de nombreux travailleurs français et espagnoles émigrèrent pour rejoindre la mine. Ces derniers importèrent alors le football dans la ville de Khouribga et fondèrent différentes sociétés sportives, dont le club omnisport OC Khouribga en 1923. La section football de ce dernier émergea des compétitions régionales et rejoingnit la seconde division nationale dans les années 1930. A mesure de la croissance d’OCP, qui ouvrit 3 autres mines, le club grandit également en bénéficiant du soutien financier de l’entreprise. Le blason du club affichait d’ailleurs un casque de mineur, une pioche et une pelle et le club reprennait les couleurs vertes et blanches de l’entreprise.
#721 – FC UTA Arad : Textiliștii
Les textiles. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le 18 Avril 1945, la ville d’Arad accueillait un nouveau club de football, le FC UTA, issu de la volonté d’un seul homme, Francisc von Neuman, baron de Végvár. Passionné de football, aristocrate argenté, il tenta en 1938 de racheter l’équipe d’AMEFA, un club qu’il soutenait financièrement, mais son offre fut refusée. N’ayant pas abandonné l’idée de posséder une équipe de football capable de rivaliser avec les clubs voisins de Timișoara (Chinezul et Ripensia), le baron créa donc son équipe avec quelques membres de l’entreprise qu’il détenait, Uzina Textilă Arad (Usine Textile d’Arad).
Les ancêtres du baron venaient de l’ancien Empire austro-hongrois, quelque part près de Vienne. Puis, la famille Neuman s’installa en Roumanie, sur les terres d’Arad. Les premiers entrepreneurs de la famille Neumann furent les frères Moritz et Jakab qui établirent une usine de spiritueux. Les descendants se diversifièrent avec un moulin et une fabrique de levure, nommée Indagrara. Leurs produits devinrent célèbres dans tout l’Empire, avec des entreprises s’étendant dans plusieurs pays européens. Au début du XXème siècle, la famille Neumann avait accumulé une certaine richesse et créa, en 1909, l’usine textile d’Arad, qui devint rapidement la plus importante de Transylvanie. Francisc von Neuman étudia à Manchester en Angleterre l’ingenierie textile et reprît l’usine dans les années 1930. En 1936, UTA comptait plus de 2 000 employés. L’usine fut nationalisée par les autorités communistes en 1948 et était la seule de Roumanie à produire du velours et la deuxième, après Bucarest, à disposer de lignes de production de linge de maison, connu internationalement. En décembre 1989, UTA employait près de 8 000 personnes.
Donc en 1938, Francisc von Neuman réunit certains de ses amis et du personnel de l’usine pour fonder le nouveau club. Il leur demanda de trouver un nom et des couleurs. Une première proposition fut Gloria mais rapidement abandonnée. Finalement, d’autres souhaitèrent que le club porta le nom de l’usine auqeul il était lié, qu’il représentait. Pour les couleurs, le vert et le blanc sortirent du lot. Mais, rappelant celles du nazisme, récemment vaincu, le rouge et blanc fut proposé, couleurs du club d’Arsenal que le Baron avait supporté lors de ses aventures anglaises.
#717 – MKS Pogoń Szczecin : Portowcy
Les dockers. Le club sportif le plus populaire de Szczecin fut fondé au lendemain de la guerre, le 21 avril 1948. Dans la pure tradition communiste, le club, dénommé alors Klub Sportowy Sztorm, était alors sous le patronage des travailleurs des transports de Szczecin. Toutefois, selon l’histoire officielle, les jeunes qui contribuèrent au développement du club, travaillaient au quotidien à la reconstruction du port qui avait été détruit par les Allemands à la fin de la guerre. En Mars 1949, sous l’impulsion des directions centrales, différents clubs de la ville, patronés par des syndicats, se réunirent pour former une nouvelle association. Ainsi, les transporteurs (KS Sztorm), les postiers (Pocztowy Klub Sportowy), les imprimeurs (KS Drukarz) et un club syndical regroupant plusieurs métiers (KS Cukrownik) donnèrent naissance au KS Zwiazkowiec afin d’évoluer dans de meilleures séries avec plus de force. Mais, suite à une fraude, KS Zwiazkowiec fut dissout et un autre club prit sa place, KS Kolejarz, qui fut créé sous l’aile des autorités portuaires. A partir de cette date et jusqu’à la chute communisme, le club évolua avec le soutien des autorités portuaires et était donc le club des travailleurs du port. Il est vrai que le port constituait (et représente toujours) le poumon économique de la ville de Szczecin. Dès le XIème siècle, un port fut construit et la ville rejoint la ligue hanséatique au début du XIVème siècle. Du XVIIème au début du XXème siècle, plusieurs canaux furent construits, permettant au port de se relier à l’Allemagne (en particulier Berlin) et aux autres villes de Pologne, et ainsi de se développer. Situé sur les rivières Oder et Regalica, au large de la lagune de Szczecin, ce complexe se compose d’un port maritime et d’un autre fluvial et jouit d’une situation centrale entre la Scandinavie, Berlin, les régions industrielles polonaises (Haute-Silésie, Wrocław et Poznań), la Tchéquie et la Slovaquie. Considéré de par la Loi comme un port d’importance fondamentale pour l’économie nationale, il constitue le plus grand complexe portuaire du sud de la mer Baltique.
